Pascal / Les trois ordres, Pensées. L.308. B. 793.

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« La distance infinie des corps aux esprits figure la distance infiniment plus infinie des esprits à la charité car elle est
surnaturelle.

Tout l’éclat des grandeurs n’a point de lustre pour les gens qui sont dans les recherches de l’esprit.
La grandeur des gens d’esprit est invisible aux rois, aux riches, aux capitaines, à tous ces grands de chair.

La grandeur de la sagesse, qui n’est nulle sinon de Dieu, est invisible aux charnels et aux gens d’esprit. Ce sont trois
ordres différents, de genre.

Les grands génies ont leur empire, leur éclat, leur victoire et leur lustre, et n’ont nul besoin des grandeurs charnelles
où elles n’ont pas de rapport. Ils sont vus, non des yeux mais des esprits. C’est assez.

Les saints ont leur empire, leur éclat, leur victoire, leur lustre et n’ont nul besoin des grandeurs charnelles ou
spirituelles, où elles n’ont nul rapport car elles n’y ajoutent ni ôtent. Ils sont vus de Dieu et des anges et non des corps et
des esprits curieux. Dieu leur suffit.

Archimède sans éclat serait en même vénération. Il n’a pas donné des batailles pour les yeux, mais il a fourni à tous les esprits ses inventions. Ou qu’il a éclaté aux esprits.

J-C, sans biens, et sans aucune production au dehors de science, est dans son ordre de sainteté. Il n’a point donné
d’inventions. Il n’a point régné, mais il a été humble, patient, saint, saint, saint à Dieu, terrible aux démons, sans aucun
péché. Ou qu’il est venu en grande pompe et en une prodigieuse magnificence aux yeux du coeur et qui voyent la sagesse.
Il eût été inutile à Archimède de faire le prince dans ses livres de géométrie, quoiqu’il le fût.

Il eût été inutile à N-S.J-C. pour éclater dans son règne de sainteté, de venir en roi, mais il y est bien venu dans l’éclat
de son ordre.
Il est bien ridicule de se scandaliser de la bassesse de J-C., comme si cette bassesse était du même ordre duquel est la
grandeur qu’il venait faire paraître.

Qu’on considère cette grandeur-là dans sa vie, dans sa passion, dans son obscurité, dans sa mort, dans l’élection des
siens, dans leur abandonnement, dans sa secrète résurrection et dans le reste. On la verra si grande qu’on n’aura pas sujet
de se scandaliser d’une bassesse qui n’y est pas.

Mais il y en a qui ne peuvent admirer que les grandeurs charnelles comme s’il n’y en avait pas de spirituelles. Et
d’autres qui n’admirent que les spirituelles comme s’il n’y en avait pas d’infiniment plus hautes dans la sagesse.

Tous les corps, le firmament, les étoiles, la terre et ses royaumes, ne valent pas le moindre des esprits. Car il connaît
tout cela, et soi, et les corps rien.

Tous les corps ensemble et tous les esprits ensemble et toutes leurs productions ne valent pas le moindre mouvement
de charité. Cela est d’un ordre infiniment plus élevé.

De tous les corps ensemble on ne saurait faire réussir une petite pensée. Cela est impossible et d’un autre ordre. De
tous les corps et les esprits on n’en saurait tirer un mouvement de vraie charité, cela est impossible et d’un autre ordre
surnaturel ».

Pascal. Pensées. L.308. B. 793.

Visa GOOGLE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Où est situé Google sur la carte ?

A-t-il un VISA universel violant les frontières ?

Qui a serré la main à ses data center ?

Qui peut s’enorgueillir de l’avoir rencontré ?

Quelqu’un ici ou ailleurs sait – il où Google veut-il en venir en revenir ?

Google est il polyglotte lit-il dans les pensées ou dans mes désirs et mes fantasmes ?

Tous les jours je tombe nez à nez à l’une de ses répliques sur le net

Certains évoquent des hologrammes d’autres une simple retouche d’image

La face visible de l’iceberg de la toile

Le même bloc de glace qui a fissuré le Titanic qui n’avait pas assez de Bateaux de sauvegarde

Heureusement Google a numérisé tout ce qui bouge et toute inertie

Les rues les bâtiments les lettres d’amour qui s’ennuyaient au fond des tiroirs

Les jours les nuits et tout ce qui veille en nous comme mémoire

Là haut dans les nuages les plus effilés les plus hauts en données

Pas très loin de l’orbite de ses satellites

Les algorithmes de Google sont plus précieux que les joyaux de la chapelle Sixtine

Le Monde a modifié sa table de valeurs

L’Unesco à capitulé c’est l’heure de la collaboration 2.0

Mais son patrimoine blessé ne perd pas de sang tout juste de légitimité

Avant de faire mourir la mort,

La première victime de Google est le Réel.

 

 

©Guillaume HOOGVELD @2017 pour le texte

 

@ MVK Passe le temps restent la fièvre et l’harmonie des Chants

À celle qui a toujours su être là, même dans mes abimes, MVK, ma confidente de toute intensité.

Il va venir

le temps est soutiré il va

venir le temps est

suspendu aux étrennes des privilégiés

qui passent à travers vallées mont et massifs

en se parant de longs manteaux lascifs

sans avoir la force physique de leurs ambitions

trop affectés pour connaitre l’Amour en Capitale

tout ce que je dois aux chemins de mes excès était inévitable implacable

Passe encore que je perde la vue passe tout mais pas mon Idéal

passe même cette indifférence au végétal

et ces formes de domination de la nature sur tout ce qui ne lui est pas égal

encor que je passe mes yeux passent

encore que je courre après mon corps

courre

mes yeux roulent comme mes veines à même la ligne de tir

Bacon Pollock Dix  qu’il n y ait plus aucun mot à ajouter aucune encre à dévier de trait à dévier de vies visiblement en marche en train de dérailler passons et laissons vivre ceux qui n’ont pas d’autres choix que le vice par manque de passions, de système de structures de protection de gratification

on laisse passer ceux qui font le monde et ils sont oubliés

on laisse passer les Poètes l’écran plat supplante l’écrit et détermine la conscience des pouvoirs d’achat pour lesquels on se bat comme avant on se battait pour la valeur Esprit

passe encore plaidoiries

pour que tu ne quittes pas les lieux

qui me livrent à la dalle cinglante et humide

Passe en or que tes yeux se dissolvent dans ton liquide amniotique

perçant la nuit avec une fente de métaphysique passe

La violence en pleine figure pour celui qui se précipite dans l’hypnose farouche intimiste de la plume et

qui projette sur la vie

son alcôve collégiale

qui fait rêver les vies et vivre les rêves

de ceux qui le méritent

passe encor que je perde la vue mais pas que

je te perde de vue paradoxe oxymore j’en conviens

J’ai détroussé mon imagination pour toi

harponné la vermine

fracassé toute mauvaise fortune

passe encor bon cœur

ma silhouette incandescente ma petite fée après minuit  tu manques à moi

Guillaume Hoogveld qui n’a jamais su apprendre à s’exposer aux contacts froids

tout en étant omniscient parfois

parfaitement perfectible davantage étant qu’apparent

présence  atomisée dès l’éveil  dans la pensée par les actes

un petit peu moins mais passe

encore j’ai envie de te dire

Incarne ta vitesse et ne mets jamais de gants

incarne ta liesse et donne maintenant

le sourire que chaque nuit j’entendais dans la connivence accordée au vent

dans la bouteille jetée totalement vaine encore

propulsée parmi les courant de la Seine

et encore jetée dans tous les reflux d’un mouvement vers Toi

tu es encore l’écume qui force les pas

à me dépasser sans jamais passer

Une amitié Versus un mot d’aimant Versus Amitié blindée polarité ajustée

Je ne pèse plus mes mots quand il s’agit d’aimer

Je suis léger à te savoir force de vie qui résistera, M.

 

©Guillaume HOOGVELD @2017 Droits réservés
©Jean-Michel BASQUIAT pour l’image, Droits réservés

BILLET inédit, archives personnelles de 2013 revu et corrigé#050717

 

 

Lettre de Léon Bloy à Johanne Molbech – 29 août 1889

 

“L’expérience de la vie m’a démontré qu’il ne faut jamais livrer son âme aux intelligences inférieures.”

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Mademoiselle,

Je me sens aujourd’hui invinciblement poussé à vous écrire, je vous prie de n’en être pas révoltée. Les deux ou trois heures de notre causerie d’hier m’ont fait, en vérité, un bien immense et je sens le besoin de vous l’exprimer. Moi, si triste d’ordinaire, si seul, tourmenté de si cruelles angoisses et si dénué de consolations, je me suis éveillé ce matin, le cœur délicieusement attendri et débordant d’une allégresse enfantine, en songeant à vous. Je ne pourrais évidemment attribuer ce prodige qu’à l’intervention providentielle de votre pitié.

Assurément, je ne manque pas d’amis. Il en est même deux ou trois que je chéris avec une grande tendresse. Mais ils sont, je le crois, un peu trop enclins à me juger et j’ai dû renoncer avec amertume à en être parfaitement compris. Vous avez eu la charité de me dire qu’il vous semblait voir en moi un ami très ancien, quoique vous ne me connaissiez que depuis un très petit nombre de jours.

J’éprouve, Mademoiselle, un sentiment tout semblable et je serais vraiment incapable de l’expliquer, sinon par la Volonté de Dieu qui, sans doute, le voulut ainsi.

Nous sommes étrangement environnés de mystère et les mouvements volontaires ou involontaires de nos pauvres âmes qui ne doivent jamais mourir ne sont pas moins cachés à notre raison que les phénomènes extérieurs de l’admirable nature. Il est certain qu’il y a des êtres qui correspondent exactement les uns aux autres dans la trame sans défaut du grand plan divin et ces êtres séparés par les continents et les mers, par les mœurs et le langage, par tous les obstacles qui peuvent séparer les créatures humaines, se rencontrent néanmoins au moment précis où le très infaillible Seigneur a décidé, du fond de ses cieux et de ses éternités, que leur rencontre était nécessaire. C’est parce que j’ai pensé qu’il en était ainsi pour vous et pour moi que j’ai l’âme ce matin si parfaitement heureuse.

Chère amie, — ne vous indignez pas, je vous prie de ce nom que je vous donne avec tant de joie — considérez avec simplicité que je suis très malheureux et privé de la plupart des consolations qui aident le commun des hommes à attendre patiemment l’heure de la mort. Dites-vous bien que je suis, — jusqu’au jour espéré de la victoire, — un vaincu, une manière de proscrit, redouté même de ceux qui ne le haïssent pas, écarté soigneusement de toutes les joies et de tous les festins de l’égoïsme social, et dévoré, par surcroît, dévoré jusqu’à en mourir, d’un immense besoin d’aimer et d’être aimé. Vous comprendrez alors, vous qui avez le front et les yeux d’une créature façonnée pour tout comprendre, que j’aie pu trouver en vous une consolation véritable et que l’amitié d’une personne sans préjugés, sans ironie, sans étonnement pour les opinions que j’exprime et que tant d’autres jugent si excessives, si paradoxales ou si folles, me paraisse une magnifique aumône dont je suis remué jusqu’au fond du cœur. […]

Il faut vraiment, Mademoiselle, que j’aie en vous une confiance tout à fait sans bornes pour vous parler de moi-même avec une telle naïveté. Mais je suis bien tranquille. Je ne crains de vous aucun reproche d’orgueil, aucun mépris ironique, aucune des sottes et banales manifestations de de la Médiocrité bourgeoise mise en présence de tout ce qui lui paraît extraordinaire.

Il est inutile d’ajouter que je ne dicte pas votre lettre, je me borne à vous en suggérer l’accent, ainsi que vous me l’avez demandé hier soir.

Ne vous irritez pas d’une lettre aussi longue, amie. Je vous répète que j’avais besoin de l’écrire.

Mais je vous en prie, gardez-la pour vous seule. L’expérience de la vie m’a démontré qu’il ne faut jamais livrer son âme aux intelligences inférieures. Je ne veux pas être jugé et je ne veux pas non plus qu’on vous juge à propos de moi.

Si nous pouvons avoir la chance de trouver quelque douceur dans nos relations d’amitié, nous cacherons cette largesse de Dieu comme les avares cachent leur trésor.

Au revoir donc, Mademoiselle, à dimanche, et puissiez-vous être inondé de bénédictions.

Votre dévoué

Léon Bloy
127 rue Blomet, Vaugirard

Céline Versus St JEAN.

Vous savez, dans les Écritures, il est écrit « Au commencement était le Verbe. » Non ! Au commencement était l’émotion. Le Verbe est venu ensuite pour remplacer l’émotion, comme le trot remplace le galop, alors que la loi naturelle du cheval est le galop ; on lui fait avoir le trot. On a sorti l’homme de la poésie émotive pour le faire entrer dans la dialectique, c’est-à-dire le bafouillage, n’est-ce pas .

Louis-Ferdinand Céline vous parle.
La Pléiade, t. IL

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