Dominique de Roux Polac évoquent Gombrowicz / Inédit sur le web, pour les Happy few

 

Pour Michèle Loyer, une femme qui toujours m’a parlé, si bien parlé, tant parlé, fait parlé, parlé en visionnaire en explorateur de sa vie trépidante..Comme il est bon ce rendez-vous que nous nous sommes fixés par ce regard noble et altier….Bon visionnage, happy few girl !

©ARCHIVES INA

Interrogatoire

 

Je ne dirai rien vous pouvez me faire parler je ne dirai rien je ne sentirai rien à vos brimades
Faites-moi savoir toujours ce que vous me demandez je n’en ai rien à faire
Faites-moi mal avec de l’inox
Je répondrai par un silence de plomb

Je vous livrerai des confiseries des meilleures maisons mais vous n’aurez aucun noms
Vous essayerez de m’attendrir par tous les moyens
J’ai arrêté de fumer

Vous essayerez de me faire sortir de ma sidération j’en ai rien à foutre de vos quolibets
Il me semble même qu’ils portent en eux une espérance un paradoxe une doxa un hypercut du gauche

Vous essayerez de me livrer le Christ une seconde fois
Mais je ne le trahirai qu’une seule fois puisqu’on ne meurt qu’une fois surtout pour de l’argent
Vous m’enfermerez dans des cages aux lions vous m’enfermerez jusqu’à la superstition vous m’enfermerez jusqu’à jusqu’à ce que je perde toute condition sédition

Jusqu’à ce que je devienne bête de cirque à défaut d’être bête du tertiaire d’un prestataire de service d’avocasseries d’affaires et autres étrangetés

J’ai tout avalé

Je me suis moi-même lavé le cerveau par précaution au savon de minuit celui qui ne parle qu’aux érudits
Vous pourrez me harponner avec tous les clous du monde je n’en deviendrai jamais une bête immonde

Après quatre clous on ne fait plus une croix on fait une chaise longue pour dictateur démocrate
Vous pouvez m’enlever les quatre pieds de la chaise ou les trois du tabouret

Je ne céderai rien je suis fait comme ça on m’a formé pour ça on m’a formé pour être une légende vivante bien que je ne sois pas incarné. Il faut croire en sa légende ; il n’y en a pas deux
il faut savoir sur qui compter ; un point de chute sans réalité.

Je ne sais pas si Dieu existe mais je suis protégé par un ange à mes côtés.
Le temps passe voyez-vous vous n’avez toujours rien il est l’heure de passer au temps perdu

À la lutte indéfinie.

 

©Texte de Guillaume Hoogveld

©Peinture de Georges Rouault, Christ, 1937
Cleveland Museum Of Art

Guillaume Hoogveld / Les mots du sous-sol, Hommage à Dostoïevski

Pour mon fidèle ami Armen, plein de malice avec un sourire indélébile…Et un talent indivisible…

 

Je suis habité par une hallucination par une par une humiliation par une illumination

Je suis un saint un fou bien trop réel à la réalité augmentée sur adapté à mon environnement ; j’ai dû quitter la civilisation et me terrer dans les sous-sols.

Je me décline en jouant des sonates d’Haydn en ré mineur en guise d’équilibre entre les forces ; je cherche l’association entre les couleurs qui puisse me donner raison au moins à mes excès le mercure indique 0 sur le thermomètre

Je n’ai aucune superstition pour supporter le réel je n’ai jamais développé que des axes impassibles véhiculés par le regret voire le remord.

Le souvenir à qui je dois rendre compte me disperse dans un imaginaire resté enfant.

Je suis un franc tireur d’élite rien ne me résiste je n’attends plus qu’un signal situé sur l’échelle pour protéger les anges au ciel avant moi…

Nous avons tous une légende ; il faut croire en sa légende.

 

© Guillaume Hoogveld juillet #2022 pour le texte et l’image

Voir aussi sur PAA, le texte intégral de l’Homme du sous-sol ici : https://www.guillaumehoogveld.net/dostoievski-les-carnets-du-sous-sol/

RÉFLEXIONS SUR LES LIMITES DU LANGAGE À PROPOS DU << TRACTATUS LOGICO-PHILOSOPHICUS >> DE WITTGENSTEIN

Bill AShtray Identity report 2021


J’ai été personnellement conduit à réfléchir sur les limites du langage, par mes études sur le mysticisme néoplatonicien. On sait l’importance jouée dans ce mysticisme, par la théologie négative: Dieu est antérieur à tous les noms; pour l’atteindre, il faut renoncer au discours; on ne peut que le toucher obscurément au sein de l’expérience mystique. Le théoricien le plus radical de cette théologie négative, ce n’est pas Plotin – qui se permet bien des affirmations au sujet de l’ineffable – mais c’est Damascius. Pour Damascius, l’Un, auquel Plotin s’arrête, est encore quelque chose que nous pouvons saisir grâce à l’unité qui est en nous ! Mais au-delà de l’Un, il y a le principe absolument premier de l’Un et du Tout. Ce principe est absolument ineffable et inconcevable. Et Damascius voit très clairement toutes les conséquences de ces négations.

 

*Paru dans la Revue de Métaphysique et de Morale 63, 1959, p. 469-484. 1. Damascius, Dubit. et Solur., C.E. Ruelle (éd.), Paris, 1889, n°4,t. 1. p. 6, 17; trad. fr. A. Ed. Chaignet, Problèmes et Solutions touchant les premiers Principes, Paris, Leroux, 1898, p. 11.m

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