
Guillaume Hoogveld / Rage de Rencontre / Texte et podcast de l’auteur

Illustration originale
Armen SAAKYAN, acrylique, #Nus, #2012©
Où est-elle La Rencontre avec un grand R comme Rage de dent ? Rage du petit matin Rage du soiR…
Le R qui clôture aussi le mot espoiR ?
Pourquoi son rythme
Parcouru de cale en soute des fers a la trépointe de fond en comble est-il si lent à la longue…
Où sont les flammes violettes que nous ramassions après le semi de l’automne
Avant les bombes à fragmentation
Pourquoi est-ce les plus grands esprits qui tombent
Il n’y aucun champ d’honneur
La guerre est une simili aventure qui nous sépare et nous déchire
Dans l’armoire du salon personne à la ronde
Sur les boulevards de la terre personne à la ronde
Sous les bunkers personne à la ronde
À Miami du monde mais personne à la ronde
En huit allez neuf millisecondes un barillet chargé
9 mm ton Beretta comme livre de chevet
Tout semble affairé mais captif
Poète rue de Rivoli
Au métro aérien de la Motte-Picquet-Grenelle
Près du Pont de Bir-Hakeim
Je n’ai pas osé lui dire je t’aime
On a traversé ensemble la Seine
Un simple aller aurait suffit
Un simple murmure ou rictus aurait rectifié l’air du temps
Cette fille déjà femme
Qui n’était prête à rien
Qui ne filtrait que le mode mineur
Sans avoir signé de ma main mon désir
Je n’allais pas lui offrir des fleurs
Un tatouage près du corps que j’aurais pu toucher
Un sens à sa vie que la vague atone lui intimait d’oublier
Silhouette tu ne sais rien de tes courbes
Fixée par vidéosurveillance
Tu te déplaces comme on déplace un simple espace
Je suis seul à rêver la capture de ta chevelure
En dessous des feux de ma mémoire
Ou de tous les chroniqueurs de prétoires
La Rencontre n’aura pas eu lieu
J’ai la larme légère et facile
Il bruinait marteaux et faucilles
Sous une rage de désir à transformer les quais
Sur le clocher de ma montre
Abasourdie la trotteuse
fixait mon chagrin lacrymogène
Comme cette passante dans ma vie
Qui sans le savoir s’est fait la belle
Un bal de nuit offert comme par merveille
Mon jour qui aura perdu son sel.
©Guillaume HOOGVELD #2019 pour le texte et #2025 pour le podcast audio
Adagio

Concerto pour clavier n°23 de Mozart, Adagio en vitesse de plaisance mach 1.2 sous écouteurs intra-auriculaires
Pour celle qui a fait danser mes mélodies cristallines depuis 1993 à Jamais, my sister of night, C.R. , ce soir et tous les autres
CLIQUEZ CI-DESSOUS, PODCAST AUDIO DE GUILLAUME HOOGVELD le 06 Janvier 2020, ET POST-PRODUCTION de Vincent Sask
Il est tard. Je t’aime. Je prends mes affaires et je prends ton dernier courrier, ta dernière lettre, tes derniers mots avec moi. Je prends aussi les billets d’avion, je les glisse dans la poche intérieure de ma veste, tout près, contre mon cœur.
Bientôt, dans quelques heures nous glisserons du côté d’une bienheureuse virtualité. Nos destins liés se noieront dans l’espace onirique du ciel.
Il y aura beaucoup de sourires, beaucoup d’éclats, beaucoup de drames, donc beaucoup de Beauté. Nous rattraperons la lumière qu’on nous avait ôtée.
Quand nous atteindrons la stratosphère, bien engourdis dans notre Mach 2, et pas avant,
Quand nous serons bien proches et que je viendrai m’asseoir près de toi et que le soleil dansera, j’actionnerai les 120 grammes d’avenir en nitroglycérine compactés que je gardais jalousement sur moi.
Nous serons inséparables.
© Guillaume HOOGVELD 2007 ©
© IMAGE DES TUILERIES TRI X 400 NB Prise de vue et tirage argentique de Guillaume HOOGVELD, 1997
Plus loin Avec Podcast audio par l’auteur

Plus loin davantage de distance, davantage de marges, davantage.
Plus loin, la nuit s’arraisonne, s’éphémère, s’ignore.
Plus loin, l’attente; un cœur ouvert qui espère l’autre sang.
Plus loin, des façades opaques, vénéneuses, où nous nous devinons.
Plus loin, tu réverbères à l’unisson, tu déclames à tout va.
Parce que tu sais, toi.
Plus loin, seule, tu sais mieux pleurer que tous, mieux te fondre que les ombrages des pins, mieux te connaître que ces hommes des rues, mieux te faufiler qu’une histoire de mœurs, qu’un végétal atteint, qu’une peinture affligée.
Tes journées fragmentent l’absence. Ta battue est profonde, et combien d’animaux souffrants as-tu laissé hiberner, en rut de lumière.
En face et plus loin l’armée désaxée des visages.
En face et plus loin, une gestuelle légère de ces pas transparents qui façonnent l’être et le mettent à l’abri du destin des pantins.
Plus loin, mais plus loin que ces hommes-là.
©Guillaume HOOGVELD @1995 pour le texte et la photographie@2017
©POÈTES ANONYMES ASSOCIÉS
©Podcast 070921 #GuillaumeHoogveld
