Le Monde est à toi

Mon cœur sauvé par un défibrillateur en te voyant si intense

Brillant dans ce firmament

Imminent sous étoiles

Sans rois ni mages à ta portée

tu invectives toutes les sphères

jusqu’à ce que tout soit mis à nu

Rien que l’univers

Rendu à toi

Rendu à terre

Avec toutes tes putains de tonnerre

J’abandonne par l’opium la distance précipitée

Cette planète bleue

Sans Dieu

Où d’un sobre Index décisionnaire

tu appuies nos possibilités d’être à toi.

 

©Guillaume HOOGVELD #2012 pour le texte

Gustave MOREAU, Salomé
IMAGE ©Droits réservés pour tout pays

La Porte étroite

« Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. » Luc, XIII, 24

Ne jamais blesser et violenter quiconque de biologique, voilà je crois toute la morale de l’Homme numérique. La porte étroite parfaite, c’est le casse du siècle sans verre pilé, hémoglobine et violence. C’est jouer en gentleman, très serré, sans une touche d’ADN ou un filet d’échantillons numériques révélateurs ou GPS délateurs.

Celui qui n’apporte pas la bonne nouvelle il va devoir vite entrer par la porte étroite…

Le crime parfait sera bientôt aboli, avec les conséquences insensées et irréfléchies de ses adorateurs et laudateurs sans raide révolte si ce n’est que des punks à chiens dressés en lumpenprolétaires étudiants à la barbiche.

Tout caryotype sera suspect.

Toute la société de consumation avec son bazar de quincaillerie et son contrôle social est une perpétuelle manière sans école de nous pousser à la transgression et j’ai vu les esprits les plus brillants de ma génération s’y perdre, perdus par et pour la performance . Quid du casse parfait, sans victime, en tailleur anglais de dandy, froidement exécuté par un soupçon d’éther ou de chloroforme lentement diffusé, sans heurter les bonnes manières les savants protocoles. Autant dire que la cabane n’est pas le meilleur centre de formation, ni les spots au ciels bleus retouchés numériquement.

La vraie violence , la plus perfide, est numérique, glaciale, d’ordre transactionnelle comme une lettre de licenciement sécurisée par cryptage reçue par mail. La caresse était analogique, le numérique nous apporte tout mais nous payons cette pléthore de biens par la frustration et la retenue, la frustration de cette contention affolante. Quant au sexe, il ne sera plus qu’une contingence, guère une possibilité discriminante ou tentation des vacuums, pour la première fois de l’Histoire des Hommes.
Avec les insomnies et cette furieuse lucidité qui tombe comme un couperet et comme « l’éternel retour du concret » d’ Hegel disparaissent violemment la perfusion des agréments dont la santé du jour nous permet de supporter la pesanteur.

Par subordination du réel, je vous précède en éclaireur, j’ouvre les brèches ; pardonnez du peu. L’ Azur n’a pas tenu promesse, il m’a défiguré.

Je m’appelle William Jonas Ashtray aka Bill Ashtray

et je suis venu vous dire toute la vérité rien que la vérité. Je m’appelle ainsi mais je n’ai rien à voir avec ce qu’il dit ce qu’il fait à quoi il joue pour qui il travaille, mis à part ses performances papier sur Poètes Anonymes Associés et vous le savez.

©Bill ASHTRAY @2018 pour le texte

©Jean-Marc MUSIAL, Série René Daumal ©Un dessin une nuit pour l’image

Vous êtes anonymes plusieurs fois

Je déserte tranquillement

il y a ici trois individus formellement anonymes et identifiés

dans la Baixa qui fourmillent à Lisbonne qui dépêchent leurs pas

ils sont pressés par leur comptabilité

le temps imparti leur est perdu d’avance

il s n’avaient pas la force nerveuse de leurs affectations

ils s’appelaient Alberto Ricardo Bernardo et autant d’ autres dans le miroir

avec leurs mémoires ajustées avec brio

ils réfléchissaient leurs alter-égos

mais aucune importance ils s’appelaient personne

ils étaient liés par le baptême de la différence et de l’exception

avec toujours ces pas précédant leurs silhouettes comme des obligations

comme une si une autorité les menaçaient

manifestes du génie le Poète se décime se découple se défigure

sans perdre rien qu’une seule fois l’accent tonique de la verticalité

une cohérence de l’être à plusieurs intimes

Pessoa nous a laissé en deçà des siens une malle assommante pour ses victimes consentantes

Dans toutes les capitales du Monde qu’il n’ a pas enveloppées de son ultimatum prêchant violence ordre regards d’un fado vers les hommes un à un qui partent en mer

que toutes les femmes pleurent sans être amères

Autant de coordonnées où il n’a pas risqué d’être intranquille en série

il vient nous dire qu’un seul homme était trop peu pour être spontanément en vie

pour ne pas finir cliché ou curiosité maladive

il me reste toutes les formes de situations probables le peu d’espace créé qu’il nous a laissé

Alors Je m’en vais tranquillement et heureusement il bruine une enveloppe me ruine le souvenir

un filet d’air et tout s’apaise il y aurait presque un Dieu assis sur les chaises trop longues

Ce qui me donne des raisons de ne plus rien attendre sinon l’atome du Royaume

Je m’en vais donc abstrait comme la lecture d’une équation à mille et ZÉRO inconnue

Rien ne sert de déconstruire les anciens

j’ai du contenir le mot vécu de ma disparition et de la perte successive des miens éblouis par une force de mots dont j’ai du recouvrer l’alphabet il y si peu

Je suis de retour dans la Capitale tout en moi d’ailleurs résonne en Majuscule ou lettre magistrale je n’ai rien à dire ni à écouter tout ce qui rôde été hiver en italique

Juste peur de la montée des eaux au niveau des étoiles sommeillantes

Je m’en vais tranquillement aussi volatile qu’un vol d’hirondelles traversant le présent pour mieux rejeter l’abîme

dressé en Delta V jusqu’aux trop courtes échelles

Se perpétuant pluriel des hauteurs à la cime

Je m’en vais coupé du monde préoccupé des exactions du réel sur ma surface tectonique

Je m’en vais aussi tranquille que quelqu’un qui aurait fait des aveux sur les pages retouchées, publicités des magazines – ou actes intimes formant un nouveau storytelling

quelqu’un qui aurait lâché sa source aux services de renseignements

qui aurait cédé sous polygraphe pour sauver son présent

sans se rétracter devant les figures acides de la peur

Tranché sur le visage d’un hologramme retouché aux arguments féminins livrés à l’arnaque des couverture

Ne vous laissez pas séduire !

Je m’en vais tranquillement compte en banqueroute avec une longueur de créanciers illimitée et inimitable

Je m’en vais sans avoir dit merci mais après avoir justifié mes actes sans le regret

Ne vous laissez pas réduire !

Que peut donc regretter un homme qui se débat dans l’intimité des filets noirs des derniers lecteurs Ô Littérature on t’a vendu pour une poignée de pixels sous compression arbitraire

France tu nous a donné les Lumières du phosphore blanc

Tu n’en a pas fini de nous mentir droit dans les yeux par l’aveuglement de ta mer à boire

Ta bible ce sont tes actes sans audace à la petite semaine

La transformation de la valeur d’estime en valeur d’échange

Cette manière bien à elle de nous contenir en traitre avec la famine d’être soi

à la petite saison de fusiller l’Esprit

alors que les pas retrouvés des poètes de Lisbonne marquent à jamais nos pavés intérieurs

Seul celui qui a su contenir un monde sait o combien il peut se mettre encore à trembler

quatre clous pour une croix

Un clou seul pour une seule pluralité.

AUTEUR : Guillaume HOOGVELD 2018

Pour toute information, demande d’affiliation, de promotion, d’échanges, de participation au site en tant qu’auteur ou au back-office écrire directement au WEBMASTER
Bill Ashtray
(postmaster@guillaumehoogveld.net)

ULTIMATUM / Texte à horloge digitale

NANTES BY NIGHT 12/11/17
©Guillaume HOOGVELD

 

Vous y êtes
Vous accédez à une page
une page gravée à la mine de plomb puis bloquée dans un data center de misère froide
Comme toutes les pages du globe
elle est inachevée
mais restez ici
nous n’avons que si peu de temps pour miser sur l’Horizon
Espérance j’entends ta résonance
frapper contre nos consciences
le temps des mots est une avenue
le temps de la fièvre et de l’intensité est un temps qui se résout par un clash avec les éléments solides
et nous sommes forts vous êtes forts et déterminés si vous avez la bonne idée de lire ces mots
qui n’ont de causes que les rêves
et une ambition sans trêve
qui sont écrits pour pallier à l’absence de fleurs dans le paysage des bitumes
plus de papaver somniferum dans l’oxygène du désert ambiant

Attendez j’entends à ma fenêtre
quelqu’un qui rit
qui se fait sa fête
le cri d’Edvard Munch
à la bonne heure par tous les moyens
les moyens du sort
je retrouve ma suspicion

Fatwa parmi les fatwas je suis visé
ciblé par un hologramme
sous les formes aigue d’un programme

Attentat à la laideur

Mais je suis aussi protégé
par les moyens du sort
car c’est avant tout pour la pensée que nous précédons l’histoire
c’est bien cela
Un souffle jusqu’à la fin du monde
nous n’avons pas combattu le terrorisme mais la terreur de la bêtise reste un domaine qui nous pose un problème
un vertige
car c’est ni le sang ni la poudre qui détruiront le globe
c’est la bêtise
Savez de facto qu’il y a des pièges à cons qui fonctionnent encore
le journal télévisé ou la Pravda en TNT qui émet encore ses acouphènes de mort

Pour vous recenser
pour vous flatter
pour vous séduire sans vous convaincre
pour vous dire que vous êtes la prochaine star
que vous aurez votre gloire de l’heure
vous l’aurez
et c’est la condition qu’on vous met sur vos attributs de conscience

Validez les lois qui vous rabaissent
il n’a plus que de la fausse monnaie en espèces
qu’il est temps de mettre en pièces.

Vous y êtes
et si nous y sommes
c’est par un coup de téléphone dans la tempe
que nous aurons notre ultimatum.

C’est ainsi
qu’il est temps de perdre le pouvoir.

 

 

©Guillaume HOOGVELD @2018 pour le texte et la photographie

Visa GOOGLE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Où est situé Google sur la carte ?

A-t-il un VISA universel violant les frontières ?

Qui a serré la main à ses data center ?

Qui peut s’enorgueillir de l’avoir rencontré ?

Quelqu’un ici ou ailleurs sait – il où Google veut-il en venir en revenir ?

Google est il polyglotte lit-il dans les pensées ou dans mes désirs et mes fantasmes ?

Tous les jours je tombe nez à nez à l’une de ses répliques sur le net

Certains évoquent des hologrammes d’autres une simple retouche d’image

La face visible de l’iceberg de la toile

Le même bloc de glace qui a fissuré le Titanic qui n’avait pas assez de Bateaux de sauvegarde

Heureusement Google a numérisé tout ce qui bouge et toute inertie

Les rues les bâtiments les lettres d’amour qui s’ennuyaient au fond des tiroirs

Les jours les nuits et tout ce qui veille en nous comme mémoire

Là haut dans les nuages les plus effilés les plus hauts en données

Pas très loin de l’orbite de ses satellites

Les algorithmes de Google sont plus précieux que les joyaux de la chapelle Sixtine

Le Monde a modifié sa table de valeurs

L’Unesco à capitulé c’est l’heure de la collaboration 2.0

Mais son patrimoine blessé ne perd pas de sang tout juste de légitimité

Avant de faire mourir la mort,

La première victime de Google est le Réel.

 

 

©Guillaume HOOGVELD @2017 pour le texte

 

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