Amnésie

 

le bonaparte

Charlotte HAMEL  Droits réservés©

 

Je ne te suis plus ! En vain, je tente même de ne plus te chercher. Tu m’as laissé venir, la trappe grande ouverte, et je me suis entrebâillé, sur ce. Sur cette étendue d’inconnu, de failles, de bouches féminines partout.

Tous les jours nous avons perdu la mémoire. Les signaux  du petit Poucet ou du petit Prince sont perdus. Après le désastre de la nuit, je ne sais plus si respirer est plus naturel que penser. Je ne sais plus si cette rencontre a eu lieu, si j’écris avec de l’eau comme je pense avec l’alcool,

quand j’aurai donné assez : assez : quand j’aurai liquidé la faille incestueuse, alors, quand nous serons les deux êtres les plus lointains, les plus étrangers, les plus absents, alors, j’ose penser :

Guillaume HOOGVELD 1996 ©

Tu attends quelqu’un qui ne t’attend pas

 

Tu ne sais même plus

qui a raison ou qui a tort

tu attends quelqu’un qui ne t’attend pas

et qui n’a aucune raison d’avoir tort

D’ailleurs il sera demain arrimé à bon port

pendant que tu comptes tes obsessions

flottant comme des astres au dehors

il pleut des solstices de trésors envahis

fatigués intensément raisonnable trop précieux pour moi

qui suis anarchiste par défaut de papiers

où le chlore a fait déborder l’encre

en transformant le papier vers le jaune

Le recommencement des évangiles.

 

©Guillaume Hoogveld

©Photo libre de droit

J’ai été nu dans le feu

« J’ai été nu dans le feu », Éditions Librairie-Galerie Racine, Paris 2008
Couverture Cyneye
Lithographies rehaussées à l’aquarelle d’Anton LArbie

 

 

 

 

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