I Want U

Figanières-reflets-ombre-0512Guillaume HOOGVELD Droits réservés©

Je te veux

Du fond de ton abysse

Du fond de cette empreinte sur le Monde

Je te veux du plus longtemps Lointain de ton envol

Lointain de ton éveil

Je te veux unie entière ile de Pâques Unie Entière

Passée future

Présente à mon cœur en émoi

Comme ta présence ressemble

A ce qui a toujours été

Cinglant de paroles prononcées

Bien après ce qui fera notre passé

Si notre passé est rendu possible

Projeté encor sur l’invisible

Je te veux

Du plus petit lieu-dit

Jusqu’à la mégapole

Veux

A l’orée à l’abri de ton maquis

Veux

Paroles après minuit

Veux

Sang après crucifix vas savoir tout comme je

Te veux

Dans tous les idiomes et sur tous les affluents

Tous les ressacs

Je te veux                           Révélation

Au premier jour ta sève élévatrice

En toute saison

Belle de tous tes hier

En toute saison

Innocente mais aussi coupable

Quand le coupable est familier

Et que nous payons de notre vie

Le passage qui hante nos nuits

Je réécris la parole et la parabole du bonheur

Pour que tu n’oublies pas la Joie Toi

La plus libre femme qui soit_


Guillaume HOOGVELD 2012©

Leonard Cohen Recitation with N.L

http://youtu.be/kCr8SSp50BU

Recitation with N.L. Lyrics – Leonard Cohen

lyrics (as sung live in London, 2009)

You came to me this morning and you handled me like meat. You’d have to be a man to know how good that feels, how sweet. My mirrored twin, my next of kin, I’d know you in my sleep and who but you would take me in,

a thousand kisses deep.

I loved you when you opened like a lily to the heat, you see I’m just another snowman standing in the rain and sleet, who loved you with his frozen love, his second hand physique, with all he is, and all he was,

A thousand kisses deep.

I know you had to lie to me, I know you had to cheat, to pose all hot and high behind the veils of shear deceit, our perfect porn aristocrat so elegant and cheap, I’m old but I’m still into that,

A thousand kisses deep.

I’m good at love, I’m good at hate, it’ s in between I freeze. Been working out, but its too late, it’s been to late for years. But you look good, you really do, they love you on the street. If you were here I’d kneel for you,

a thousand kisses deep.

The autumn moved across your skin, got something in my eye, a light that doesn’t need to live, and doesn’t need to die. A riddle in the book of love, obscure and obsolete, till witnessed here in time and blood,

A thousand kisses deep.

And I’m still working with the wine, still dancing cheek to cheek, the band is playing Auld Lang Syne, but the heart will not retreat. I ran with Diz and I sang with Ray, I never had their sweep, but once or twice they let me play

A thousand kisses deep.

I loved you when you opened like a lily to the heat, you see, I’m just another snowman standing in the rain and sleet, who loved you with his frozen love, his second hand physique, with all he is, and all he was,

A thousand kisses deep.

But you don’t need to hear me now, and every word I speak, it counts against me anyhow,

A thousand kisses deep.

 

Du fond de mille baisers
(A thousand kisses deep)

Tu vins et me pris ce matin
Comme une viande sous tes mains
Faut avoir vécu seul pour savoir
Comme c’est bon, comme c’est doux.
Dans mon sommeil, essouflé
Yeux bandés, je t’ai possédé
Puis tous deux enfin réveillés
Du fond de mille baisers.

J’aimais quand tu t’ouvrais
Comme un lis au soleil
Mais je n’suis qu’une momie
Dressée sous les flocons, la pluie
Qui t’aima d’un amour glacé
De son corps d’occasion
De son présent, de son passé
Et du fond de mille baisers.

Encore baigné de plaisir
Mais tout prêt d’aborder
Le flot s’est tari
Pour les prédateurs dont je suis.
Nous avons gagné le port
Prié qu’on ne s’évapore
Mais suis résigné à me noyer
Au fond de mille baisers

Tu pouvais me leurrer, c’est vrai
Tu le pouvais, pour tricher
Mais hors la loi tout moyen
N’assure ni la foi ni le bien.
Vérité foulée, beauté fanée
Ces façons surrannées
Quand l’Esprit Saint fut arrivé
Du fond de mille baisers.

(Et si je parlais de l’unique
Immense, intime Foyer?
Je me répands une autre nuit
Sur fond de mille baisers.)

Dans la Tour, je fais mes passes
J’en tire mes doses.
Si j’ai voulu décrocher
Restaient ma paresse, ma faiblesse.
Mais les nuits qui s’éternisent,
Nous, les doux, les pauvres
Unissons nos coeurs et plongeons
Au fond de mille baisers.

(Penser à toi laisse exhaler,
Notre défense est scellée-
Sans nos oublis,nos regrets
Qui montent de mille baisers.)

Poneys au galop, filles en fleur
Le sort en est jeté
Tu gagnes un peu et puis c’est l’heure
Ta baraka s’en va.
Contraint à pactiser
Avec ton inexpiable passé
Tu vis, Ta vie n’est plus un songe
Noyée dans mille baisers.

(Tout blotti sous Dante, Dizzie-
De souffle fus démuni-
Mais me laissèrent parfois jouer
« Au fond de mille baisers ».)

Je carbure toujours au vin rouge
J’ne fais toujours que les slows.
Quand sonne la « Chanson de l’au-revoir »
Mon coeur n’est pas à son dernier soir.
Et si j’ai tant de route à parcourir
Et de promesses à tenir
Tu as su toutes les gommer
Sur fond de mille baisers

Tour à tour tu es l’Ange de la Mort
Puis le Paraclét;
Enfin le Souffle du Sauveur
Puis de Belsen l’Horreur.
Pas d’acrobatie, pas de détour
Face à l’amour qui rôde
Que témoignent en temps et en sang
Ce fond de mille baisers.

Traduction française de Marc Gaffié.
Posté avec la permission de Leonard Cohen.
Tous droits réservés

Le Monde est à toi

Gustave Moreau, Salomé

Mon coeur sauvé par un défibrillateur en

te voyant si belle

Brillant dans ce firmament

Etoile sous étoiles

tu invectives rien  que cela,

L’univers

Rendu à toi

Rendue à terre

Planète bleue

Sans Dieu

d’un sobre Index                                décisionnaire_

Guillaume HOOGVELD 2012©

André Gide – Nourritures terrestres

Nathanaël, à présent, jette mon livre. Émancipe-t’en. Quitte-moi ; maintenant tu m’importunes ; tu me retiens ; l’amour que je me suis surfait pour toi m’occupe trop. Je suis las de feindre d’éduquer quelqu’un. Quand ai-je dit que je te voulais pareil à moi ? C’est parce que tu diffères de moi que je t’aime ; je n’aime en toi que ce qui diffère de moi. Éduquer ! Qui donc éduquerais-je, que moi-même ? Nathanaël, te le dirai-je ? Je me suis interminablement éduqué. Je continue. Je ne m’estime jamais que dans ce que je pourrais faire.

Nathanaël, jette mon livre ; ne t’y satisfais point. Ne crois pas que ta vérité puisse être trouvée par quelque autre ; plus que de tout, aie honte de cela. Si je cherchais tes aliments, tu n’aurais pas de faim pour les manger ; si je te préparais ton lit, tu n’aurais pas sommeil pour y dormir.

Jette mon livre ; dis-toi bien que ce n’est là qu’une des mille postures possible en face de la vie. Cherche la tienne. Ce qu’un autre aurait aussi bien fait que toi, ne le fais pas. Ce qu’un autre aurait aussi bien dit que toi, ne le dis pas, aussi bien écrit que toi, ne l’écris pas. Ne t’attache en toi qu’à ce que tu sens qui n’est nulle part ailleurs qu’en toi-même, et crée de toi, impatiemment ou patiemment, ah ! le plus irremplaçable des êtres. « 

« Du jour où je parvins à me persuader que je n’avais pas besoin d’être heureux, commença d’habiter en moi le bonheur ; oui, du jour où je me persuadai que je n’avais besoin de rien pour être heureux. Il semblait, après avoir donné le coup de pioche à l’égoïsme, que j’avais fait jaillir aussitôt de mon coeur une telle abondance de joie que j’en pusse abreuver tous les autres. Je compris que le meilleur enseignement est d’exemple. J’assumai mon bonheur comme une vocation. »

« La peur de trébucher cramponne notre esprit à la rampe de la logique. Il y a la logique et il y a ce qui échappe à la logique. L’illogisme m’irrite, mais l’excès de logique m’exténue. Il y a ceux qui raisonnent et il y a ceux qui laissent les autres avoir raison. Mon coeur, si ma raison lui donne tort de battre, c’est à lui que je donne raison. Il y a ceux qui se passent de vivre et ceux qui se passent d’avoir raison. C’est au défaut de la logique que je prends conscience de moi. Ô ma plus chère et ma plus riante pensée ! Qu’ai-je affaire de chercher plus longtemps à légitimer ta naissance ? N’ai-je pas lu ce matin dans Plutarque, au seuil des Vies de Romulus et de Thésée, que ces deux grands fondateurs de cités, pour être nés « secrètement et d’une union clandestine » ont passé pour des fils de dieux ?… »

 » Il y a sur terre de telles immensités de misère, de détresse, de gêne et d’horreur, que l’homme heureux n’y peut songer sans prendre honte de son bonheur. Et pourtant ne peut rien pour le bonheur d’autrui celui qui ne sait être heureux lui-même. Je sens en moi l’impérieuse obligation d’être heureux. Mais tout bonheur me paraît haïssable qui ne s’obtient qu’aux dépens d’autrui… Je préfère le repas d’auberge à la table la mieux servie, le jardin public au plus beau parc enclos de murs, le livre que je ne crains pas d’emmener en promenade à l’édition la plus rare, et, si je devais être seul à pourvoir contempler une oeuvre d’art, plus elle serait belle et plus l’emporterait sur la joie ma tristesse. Mon bonheur est d’augmenter celui des autres. J’ai besoin du bonheur de tous pour être heureux. »

 

 

Pietro Citati

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du Boul­bon disait : « Vous appartenez à cette famille magnifique et lamentable qui est le sel de la terre. Tout ce que nous connaissons de grand nous vient des nerveux. Ce sont eux et non pas d’autres qui ont fondé les religions et composé les chefs d’œuvre. Jamais le monde ne saura tout ce qu’il leur doit et sur tout ce qu’eux ont souffert pour le lui donner. Nous goûtons les fines musiques, les beaux tableaux, mille délicatesses, mais nous  ne savons pas ce qu’elles ont coûté à ceux qui les inventèrent d’insomnies, de pleurs, de rires spasmodiques, d’urticaires, d’asthmes, d’épilepsies, d’une angoisse de mourir qui est pire que tout cela… »

 

Cité dans « La colombe poignardée », de Pietro Citati, (essai sur Proust) 

portail de poètes anonymes associés | webmaster BILL ASHTRAY 2026 ©.

Retour en haut ↑