Zeste de SAHEL

Je quitte toute urbanité pour renouer

Avec un zeste de SAHEL

Séjour sous le sable

Sous les pavés affables

Qui peinent à revendiquer

Leur identité de pierre

Séjour sous le sable

Si do la sol fa mi ré do_SILENCE_RADIO_

Curseur remis à Zéro

Silence & fragrance du désert

L’innocence est soudainement

Poids & charge d’hier

Une charge qui me dessert

De vive voix

Empruntée

Tout va recommencer

REF ABSENTAP9

Guillaume HOOGVELD @2013 Droits réservés©

Abel Bonnard 1883-1968 / Le drame à droite, une sublime Langue ensevelie

 

bonnard

 

« Quand nous parlons d’un temps dramatique, ce mot a un sens précis : il veut dire que nous sommes pris dans une alternative qui ne nous permet plus d’exister médiocrement ; il nous faut vivre plus puissamment, ou bien disparaître, nous surpasser ou nous abolir. (…) La tragédie essentielle n’est pas de savoir quels dangers nous menacent, mais de définir d’abord ce qu’ils menacent en nous, car il importerait assez peu que nous fussions détruits, si nous avions rendu cette destruction légitime en ne valant presque rien. »

(Abel Bonnard, Les Modérés, Grasset, 1936.)

« On ne peut parler de la mort que très simplement, car déployer de l’éloquence sur ce sujet-là ne ferait que prouver qu’on n’a pas pensé à ce dont on parle. L’idée de la mort apparaît nécessairement au-delà de toute idée sérieuse de la vie, comme la mer au fond d’un grand paysage. Elle a en chacun de nous un caractère différent selon notre propre nature, notre âge et le plus ou moins d’attache que nous gardons à la vie que les circonstances nous ont faite. Quand, dans mes premières réflexions ma propre fin me faisait horreur, et plus encore, je crois, la pensée que ceux que j’aimais auraient à mourir.

Plus tard, quand nous avons en effet connu toute la monstruosité de la mort par la fin de ceux que nous aimons, il nous devient aisé de lui donner beaucoup moins d’importance quand il ne s’agit plus que de nous même, et de la considérer alors soit avec indifférence, soit avec plus ou moins d’attrait. Pour moi, cet attrait naît en partie des circonstances présentes. Très convaincu que nous assistons à une chute immense de l’homme, et que des forces matérielles d’une puissance irrésistible travaillent, sans cesse et partout, à réduire à l’uniformité, à l’insignifiance, à la platitude, ces êtres humains qui se signalaient jadis par la fantaisie de tant de caractères divers, persuadés que l’homme laisse derrière lui les sommets de l’art, de l’héroïsme et de la sainteté, assuré que ma propre patrie est dans le passé, il doit me devenir beaucoup plus facile de quitter un monde qui n’a plus rien pour me retenir et où je n’aurai à regretter que la lumière. Les vieillards d’hier avaient la tristesse de laisser leur monde durer après eux. Une mélancolie plus subtile est réservée à quelques uns d’entre nous : c’est d’avoir vu leur monde finir avant eux. Il ne leur reste plus qu’à rejoindre ce grand cortège doré qui s’éloigne, et j’avoue que parfois j’ai un peu honte de tarder. »

Abel Bonnard, Correspondance, 1968

VIRILIO / La régression émotionnelle

“Cette bombe découlant de l’instantanéité des moyens de communication, et notamment de la transmission de l’information, a un rôle éminent dans l’établissement de la peur au rang d’environnement global puisqu’elle permet la synchronisation de l’émotion à l’échelle mondiale. Grâce à la vitesse absolue des ondes, on peut ressentir dans tous les endroits du monde le même sentiment de terreur, au même moment. Cette bombe n’est pas locale, elle explose à chaque instant, à propos d’un attentat, d’une catastrophe naturelle, d’une panique sanitaire, d’une rumeur maligne… elle crée une véritable communauté des émotions, un communisme des affects succédant au communisme de la “communauté des intérêts” partagés par les différentes classes sociales. Avec la révolution industrielle de la seconde moitié du 19e siècle en effet, a prospéré la démocratie d’opinion, qui s’est appuyée sur la presse du même nom, puis sur les médias de masse, la presse, la radio et la télévision. Ce 1er régime était celui de la standardisation des produits et des opinions. Le second régime actuel est celui de la synchronisation des émotions, assurant le passage de la démocratie d’opinion à la démocratie d’émotion. Et cela pour le meilleur comme pour le pire. pour le meilleur, on songe aux élans de générosité qui font suit aux catastrophes de toute nature ; pour le pire aussi, avec la terreur instantanée que suscite un attentat ou une pandémie et la politique court-termiste qui en constitue la réponse (…)
Avec les phénomènes d’interactivité instantanés qui sont désormais notre lot quotidien, a lieu un véritable bouleversement qui déstabilise le rapport à l’activité des hommes entre eux, dans le délai qui est celui de la réflexion, et cela au profit du réflexe conditionné à quoi l’émotion conduit. D’où la possibilité théorique d’une panique généralisée. Voilà la seconde grande déflagration du rapport au réel.

La déréalisation est le résultat du progrès, ni plus ni moins. La mise en avant de la réalité augmentée qui est la vulgate rituelle de la propagande du progrès, n’est en fait qu’une déréalisation induite par la réussite du progrès dans l’ordre de l’accélération. Cet accroissement continu de la vitesse a entrainé le développement d’une mégaloscopie qui a conduit à une véritable infirmité puisqu’elle réduit le champ de vision. Plus on va vite, plus on se projette au loin pour anticiper et plus on perd la latérisation. les écrans sont l’équivalent d’un pare-brise de voiture : nous perdons , avec la vitesse, le sens de la latérisation, ce qui est un élément de l’infirmité de l’être au monde, de sa richesse, de son relief, de sa profondeur de champ. On crée des lunettes pour voir en trois dimensions, alors que nous sommes en train de perdre la latérisation, la stéréo-réalité naturelle. La réalité augmentée est donc selon moi un jeu de dupes, un véritable glaucome télévisuel. L’écran est devenu une cécité. »

Rêvalité

 

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Cliché original d’Eve Nottet. Droits réservés©

 

 

Le monde va passer de l’autre côté

le monde va se soustraire de la réalité

Pouvons-nous enfin l’entendre se débattre  crier

 

Avec ou sans Nous

le monde tel quel

tel qu’il est

ou tel qu’il a été

un temps mort pour la vie

 

Au temps où Vitesse et progrès étaient liés

le monde tel que nous le connaissions

De l’expérience à la science

reliquat de Vérité

Avec ou sans nous

avec ou sans eux

 

Ce monde va se pourvoir en cassation

pour essayer de se soustraire aux heurts d’un mauvais ami

d’un parfait ennemi

une mauvaise fréquentation

erreur de jeunesse d’un monde trop vieux pour cela

 

Le monde va passer de l’autre côté

l’exil va commencer

aspiré par le virtuel

Une diaspora inanimée                                  intérieure

en lieu et place de l’imaginaire

Où le réel va reculer  où l’imaginaire se muter

 

Le monde n’a plus besoin de ses ailes

le monde n’a pas besoin de nous

le monde n’a pas besoin d’être sauvé

 

A vitesse trop intense chute                      extrême atterrissage en crash-test

d’Algorithmes en nanosecondes

tout est allé trop vite

dans une lueur en fibre optique

un semblant de mécanique

Humain trop humain disait l’apôtre

Attaché au temps d’avant le temps

pour ici lâcher notre main

 

Le  virtuel est en route sans y être invité

il va venir à notre table sans qu’on sache où il est

dans les paroles dans les faits dans les gestes dans le toucher

ou est-il sinon toujours plus raffiné

toujours plus sophistiqué_

 

 

 

Guillaume HOOGVELD @2013 Droits réservés©

Cioran / La Négation

Ce qui m’a toujours séduit dans la négation, c’est le pouvoir de se substituer à tout et à tous, d’être une sorte de démiurge, de disposer du monde, comme si on avait collaboré à son avènement et qu’on eût ensuite le droit, voire le devoir, d’en précipiter la ruine. […] J’ai eu beau fréquenter les mystiques, dans mon for intérieur j’ai toujours été du côté du Démon: ne pouvant pas l’égaler par la puissance, j’ai essayé de le valoir du moins par l’insolence, l’arbitraire et le caprice.

Cioran

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