« Les droits de l’homme ne nous feront pas bénir le capitalisme. Et il faut beaucoup d’innocence, ou de rouerie, à une philosophie de la communication qui prétend restaurer la société des amis ou même des sages en formant une opinion universelle comme “consensus” capable de moraliser les nations, les Etats et le marché. Les droits de l’homme ne disent rien sur les modes d’existence immanents de l’homme pourvu de droits. Et la honte d’être un homme, nous ne l’éprouvons pas seulement dans les situations extrêmes décrites par Primo Levi, mais dans des conditions insignifiantes, devant la bassesse et la vulgarité d’existence qui hantent les démocraties, devant la propagation de ces modes d’existence et de pensée pour-le-marché, devant les valeurs, les idéaux et les opinions de notre époque. L’ignominie des possibilités de vie qui nous sont offertes apparaît du dedans. Nous ne nous sentons pas hors de notre époque, au contraire, nous ne cessons de passer avec elle des compromis honteux. Ce sentiment de honte est un des plus puissants motifs de la philosophie. Nous ne sommes pas responsables des victimes mais devant les victimes. Et il n’y a pas d’autre moyen que de faire l’animal (grogner, fouir, ricaner, se convulser) pour échapper à l’ignoble : la pensée même est parfois plus proche d’un animal qui meurt que d’un homme vivant, même démocrate. »
De la séduction
“Séduire,
c‘est mourir comme
réalité
et se
produire comme
leurre.”
Baudrillard
« Le monde n’est plus digne de la Poésie. »*
La durée du vide est très longue oblongue
Surtout dans le paradoxe des angles
Longue
Avant de toucher l’Attaque
Le passage est une fulgurance
Une bombe de bonheur saturée de semtex
La plus puissante source de chaleur de ce monde
Pas le temps pour la pâleur
Pas le temps pour la moindre frayeur
Je reviens ici pour vous témoigner
Moi qui ne suis pas de ce monde
Que l’avenir est une source impensable de satiétés
Mon espérance
Ce cri qui me violente
Et qui s’adoucit
En pénétrant
Dans le point totalement fixe de la Vie
Guillaume HOOGVELD @2013 Droits réservés© excepté le titre « Le monde n’est plus digne de la poésie » par Michel Houellebecq*.
Marges de Vie

Quelle est donc la marge de vie possible
envisagée envisageable
Tu m’éclaires avec une lune froide et féconde
sous le regard de la Joconde
Je mime mon hasard
de tous les désirs possibles du Monde
selon tous du Monde
selon toi
en m’oubliant
sous un compte à rebours numérique
hexadécimal
d’où il convient de braquer les barrages
et de nuire
à l’alphabet du rire
Sous la remise
il se jette un torrent d’arc-en-ciel
où reposent toutes les pendules et autres
échelles de Richter
L’émotion devient sismique
et le présent
purement édifiant.
Guillaume HOOGVELD #2013 Droits réservés©
Passe encore

Auto-Guillaume HOOGVELD @1997 Droits réservés©
Il va venir
le temps est soutiré il va
venir le temps est
soudainement
suspendu aux étrennes des privilégiés
qui passent à travers vallées monts et massifs
en se parant de longs manteaux de cristal
Passe encore que je perde la vue passe
encor que je passe mes yeux passent
encore que je coure après mon corps
avec exactitude que passent
Renoir Turner Pollock qu’il n y ait plus aucun mot à ajouter aucune encre à dévier de trait à dévier de vies à dévier
passe encore plaidoiries
pour que tu ne quittes pas les lieux
et me livre à la dalle cinglante et humide
Où j’aurais froid sans froid sans toi
Passe en or que tes yeux se dissolvent dans ton liquide amniotique
perçant la nuit avec une fente de métal hypnotique passe
encor bien que tu ne sois jamais venue jamais entendue jamais ressentie jamais
compris le poids et la portée de la Littérature
qui projette sur la vie
son alcôve collégiale
qui fait rêver les vies et vivre les rêves
de ceux qui savent Aimer
passe encor que je perde la vue mais pas que
je te perde de vue paradoxe oxymore j’en conviens
J’ai détroussé mon imagination pour toi
harponné la vermine
fracassé toute mauvaise fortune
passe encor bon cœur
mon ange ma petite fée tu manques à moi
Guillaume Hoogveld qui a appris à s’exposer au front
tout en étant omniscient
présent partout par la pensée par les actes
un petit peu moins qui vient qui passe
encore j’ai envie de te dire
Incarne ta vitesse et ne mets jamais de gants
pleinement intense
incarne ta liesse et donne-toi maintenant
le sourire que chaque nuit j’entendais dans la connivence accordée au vent
dans la bouteille jetée encore
et encore jetée dans tous les reflux d’un mouvement vers Toi
tu es encore l’écume qui force les pas
à me dépasser sans jamais passer
Disparaitre ?
Guillaume HOOGVELD @2013 Droits réservés©

