Penser comme des porcs–Fragment…Exubérant. Deleuze & Guattari

penser comme des porcs

« Les droits de l’homme ne nous feront pas bénir le capitalisme. Et il faut beaucoup d’innocence, ou de rouerie, à une philosophie de la communication qui prétend restaurer la société des amis ou même des sages en formant une opinion universelle comme “consensus” capable de moraliser les nations, les Etats et le marché. Les droits de l’homme ne disent rien sur les modes d’existence immanents de l’homme pourvu de droits. Et la honte d’être un homme, nous ne l’éprouvons pas seulement dans les situations extrêmes décrites par Primo Levi, mais dans des conditions insignifiantes, devant la bassesse et la vulgarité d’existence qui hantent les démocraties, devant la propagation de ces modes d’existence et de pensée pour-le-marché, devant les valeurs, les idéaux et les opinions de notre époque. L’ignominie des possibilités de vie qui nous sont offertes apparaît du dedans. Nous ne nous sentons pas hors de notre époque, au contraire, nous ne cessons de passer avec elle des compromis honteux. Ce sentiment de honte est un des plus puissants motifs de la philosophie. Nous ne sommes pas responsables des victimes mais devant les victimes. Et il n’y a pas d’autre moyen que de faire l’animal (grogner, fouir, ricaner, se convulser) pour échapper à l’ignoble : la pensée même est parfois plus proche d’un animal qui meurt que d’un homme vivant, même démocrate. »

G. Deleuze, F. Guattari, “Qu’est-ce que la philosophie ? ”, cit. in Gilles Châtelet “Vivre et penser comme des porcs”, 1999, Exils – Essais, pp. 11-12.

« Le monde n’est plus digne de la Poésie. »*

Houellebecq-poésie2

La durée du vide est très longue oblongue

Surtout dans le paradoxe des angles

Longue

Avant de toucher l’Attaque

Le passage est une fulgurance

Une bombe de bonheur saturée de semtex

La plus puissante source de chaleur de ce monde

Pas le temps pour la pâleur

Pas le temps pour la moindre frayeur

Je reviens ici pour vous témoigner

Moi qui ne suis pas de ce monde

Que l’avenir est une source impensable de satiétés

Mon espérance

Ce cri qui me violente

Et qui s’adoucit

En pénétrant

Dans le point totalement fixe de la Vie

Guillaume HOOGVELD @2013 Droits réservés© excepté le titre « Le monde n’est plus digne de la poésie » par Michel Houellebecq*.

Marges de Vie

Quelle est donc la marge de vie possible

envisagée                             envisageable

Tu m’éclaires avec une lune froide et féconde

sous le regard de la Joconde

Je mime mon hasard

de tous les désirs possibles du Monde

selon tous                     du Monde

selon toi

en m’oubliant

sous un compte à rebours numérique

hexadécimal

d’où il convient de braquer les barrages

et de nuire

à l’alphabet du rire

Sous la remise

il se jette un torrent d’arc-en-ciel

où reposent toutes les pendules et autres

échelles de Richter

L’émotion devient sismique

et le présent

purement édifiant.

 

Guillaume HOOGVELD #2013 Droits réservés©

CQFD#4

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Je perds la vue en double aveugle

je me machine aux ciseaux

sculpté comme un Klimt

un Schiele paranoïaque

perdant patraque

pour finir dans le noir

pour luire dans un dortoir

toujours que revienne l’Enfance

À Charlotte H
Guillaume HOOGVELD @2013 Droits réservés©

Passe encore


Auto-Guillaume HOOGVELD @1997 Droits réservés©

Il va venir

le temps est soutiré il va

venir le temps est

soudainement

suspendu aux étrennes des privilégiés

qui passent à travers vallées monts et massifs

en se parant de longs manteaux de cristal

Passe encore que je perde la vue passe

encor que je passe mes yeux passent

encore que je coure après mon corps

avec exactitude que passent

Renoir Turner Pollock qu’il n y ait plus aucun mot à ajouter aucune encre à dévier de trait à dévier de vies à dévier

passe encore plaidoiries

pour que tu ne quittes pas les lieux

et me livre à la dalle cinglante et humide

Où j’aurais froid sans froid sans toi

Passe en or que tes yeux se dissolvent dans ton liquide amniotique

perçant la nuit avec une fente de métal hypnotique passe

encor bien que tu ne sois jamais venue                          jamais entendue                                 jamais ressentie jamais

compris le poids et la portée de la Littérature

qui projette sur la vie

son alcôve collégiale

qui fait rêver les vies et vivre les rêves

de ceux qui savent Aimer

passe encor que je perde la vue mais pas que

je te perde de vue                                 paradoxe oxymore                     j’en conviens

J’ai détroussé mon imagination pour toi

harponné la vermine

fracassé toute mauvaise fortune

passe encor bon cœur

mon ange ma petite fée tu manques à moi

Guillaume Hoogveld qui a appris à s’exposer au front

tout en étant omniscient

présent partout par la pensée par les actes

un petit peu moins qui vient qui passe

encore j’ai envie de te dire

Incarne ta vitesse et ne mets jamais de gants

pleinement intense

incarne ta liesse et donne-toi maintenant

le sourire que chaque nuit j’entendais dans la connivence accordée au vent

dans la bouteille jetée encore

et encore jetée dans tous les reflux d’un mouvement vers Toi

tu es encore l’écume qui force les pas

à me dépasser sans jamais passer

Disparaitre ?

Guillaume HOOGVELD @2013 Droits réservés©

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