Leonard Cohen Recitation with N.L

http://youtu.be/kCr8SSp50BU

Recitation with N.L. Lyrics – Leonard Cohen

lyrics (as sung live in London, 2009)

You came to me this morning and you handled me like meat. You’d have to be a man to know how good that feels, how sweet. My mirrored twin, my next of kin, I’d know you in my sleep and who but you would take me in,

a thousand kisses deep.

I loved you when you opened like a lily to the heat, you see I’m just another snowman standing in the rain and sleet, who loved you with his frozen love, his second hand physique, with all he is, and all he was,

A thousand kisses deep.

I know you had to lie to me, I know you had to cheat, to pose all hot and high behind the veils of shear deceit, our perfect porn aristocrat so elegant and cheap, I’m old but I’m still into that,

A thousand kisses deep.

I’m good at love, I’m good at hate, it’ s in between I freeze. Been working out, but its too late, it’s been to late for years. But you look good, you really do, they love you on the street. If you were here I’d kneel for you,

a thousand kisses deep.

The autumn moved across your skin, got something in my eye, a light that doesn’t need to live, and doesn’t need to die. A riddle in the book of love, obscure and obsolete, till witnessed here in time and blood,

A thousand kisses deep.

And I’m still working with the wine, still dancing cheek to cheek, the band is playing Auld Lang Syne, but the heart will not retreat. I ran with Diz and I sang with Ray, I never had their sweep, but once or twice they let me play

A thousand kisses deep.

I loved you when you opened like a lily to the heat, you see, I’m just another snowman standing in the rain and sleet, who loved you with his frozen love, his second hand physique, with all he is, and all he was,

A thousand kisses deep.

But you don’t need to hear me now, and every word I speak, it counts against me anyhow,

A thousand kisses deep.

 

Du fond de mille baisers
(A thousand kisses deep)

Tu vins et me pris ce matin
Comme une viande sous tes mains
Faut avoir vécu seul pour savoir
Comme c’est bon, comme c’est doux.
Dans mon sommeil, essouflé
Yeux bandés, je t’ai possédé
Puis tous deux enfin réveillés
Du fond de mille baisers.

J’aimais quand tu t’ouvrais
Comme un lis au soleil
Mais je n’suis qu’une momie
Dressée sous les flocons, la pluie
Qui t’aima d’un amour glacé
De son corps d’occasion
De son présent, de son passé
Et du fond de mille baisers.

Encore baigné de plaisir
Mais tout prêt d’aborder
Le flot s’est tari
Pour les prédateurs dont je suis.
Nous avons gagné le port
Prié qu’on ne s’évapore
Mais suis résigné à me noyer
Au fond de mille baisers

Tu pouvais me leurrer, c’est vrai
Tu le pouvais, pour tricher
Mais hors la loi tout moyen
N’assure ni la foi ni le bien.
Vérité foulée, beauté fanée
Ces façons surrannées
Quand l’Esprit Saint fut arrivé
Du fond de mille baisers.

(Et si je parlais de l’unique
Immense, intime Foyer?
Je me répands une autre nuit
Sur fond de mille baisers.)

Dans la Tour, je fais mes passes
J’en tire mes doses.
Si j’ai voulu décrocher
Restaient ma paresse, ma faiblesse.
Mais les nuits qui s’éternisent,
Nous, les doux, les pauvres
Unissons nos coeurs et plongeons
Au fond de mille baisers.

(Penser à toi laisse exhaler,
Notre défense est scellée-
Sans nos oublis,nos regrets
Qui montent de mille baisers.)

Poneys au galop, filles en fleur
Le sort en est jeté
Tu gagnes un peu et puis c’est l’heure
Ta baraka s’en va.
Contraint à pactiser
Avec ton inexpiable passé
Tu vis, Ta vie n’est plus un songe
Noyée dans mille baisers.

(Tout blotti sous Dante, Dizzie-
De souffle fus démuni-
Mais me laissèrent parfois jouer
« Au fond de mille baisers ».)

Je carbure toujours au vin rouge
J’ne fais toujours que les slows.
Quand sonne la « Chanson de l’au-revoir »
Mon coeur n’est pas à son dernier soir.
Et si j’ai tant de route à parcourir
Et de promesses à tenir
Tu as su toutes les gommer
Sur fond de mille baisers

Tour à tour tu es l’Ange de la Mort
Puis le Paraclét;
Enfin le Souffle du Sauveur
Puis de Belsen l’Horreur.
Pas d’acrobatie, pas de détour
Face à l’amour qui rôde
Que témoignent en temps et en sang
Ce fond de mille baisers.

Traduction française de Marc Gaffié.
Posté avec la permission de Leonard Cohen.
Tous droits réservés

Le Monde est à toi

Gustave Moreau, Salomé

Mon coeur sauvé par un défibrillateur en

te voyant si belle

Brillant dans ce firmament

Etoile sous étoiles

tu invectives rien  que cela,

L’univers

Rendu à toi

Rendue à terre

Planète bleue

Sans Dieu

d’un sobre Index                                décisionnaire_

Guillaume HOOGVELD 2012©

Antonin Artaud – Lettre à Monsieur le législateur de la loi sur les stupéfiants

Monsieur le législateur,

Monsieur le législateur de la loi de 1916, agrémentée du décret de juillet 1917 sur les stupéfiants, tu es un con.

Ta loi ne sert qu’à embêter la pharmacie mondiale sans profit pour l’étiage toxicomaniaque de la nation parce que

1° Le nombre des toxicomanes qui s’approvisionnent chez le pharmacien est infime ;

2° Les vrais toxicomanes ne s’approvisionnent pas chez le pharmacien ;

3° Les toxicomanes qui s’approvisionnent chez le pharmacien sont tous des malades ;

4° Le nombre des toxicomanes malades est infime par rapport à celui des toxicomanes voluptueux ;

5° Les restrictions pharmaceutiques de la drogue ne gêneront jamais les toxicomanes voluptueux et organisés ;

6° Il y aura toujours des fraudeurs ;

7° Il y aura toujours des toxicomanes par vice de forme, par passion ;

8° Les toxicomanes malades ont sur la saciété un droit imprescriptible, qui est celui qu’on leur foute la paix.

C’est avant tout une question de conscience.

La loi sur les stupéfiants met entre les mains de l’inspecteur-usurpateur de la santé publique le droit de disposer de la douleur des hommes : c’est une prétention singulière de la médecine moderne que de vouloir dicter ses devoirs à la conscience de chacun.

Tous les bêlements de la charte officielle sont sans pouvoir d’action contre ce fait de conscience : à savoir, que, plus encore de la mort, je suis le maître de ma douleur. Tout homme est juge, et juge exclusif, de la quantité de douleur physique, ou encore de la vacuité mentale qu’il peut honnêtement supporter.

Lucidité ou non lucidité, il y a une lucidité que nulle maladie ne m’enlèvera jamais, c’est celle qui me dicte le sentiment de ma vie physique. Et si j’ai perdu ma lucidité, la médecine n’a qu’une chose à faire, c’est de me donner les substances qui me permettent de recouvrer l’usage de cette lucidité.

Messieurs les dictateurs de l’école pharmaceutique de France, vous êtes des cuistres rognés : il y a une chose que vous devriez mieux mesurer ; c’est que l’opium est cette imprescriptible et impérieuse substance qui permet de rentrer dans la vie de leur âme à ceux qui ont eu le malheur de l’avoir perdue.

Il y a un mal contre lequel l’opium est souverain et ce mal s’appelle l’Angoisse, dans sa forme mentale, médicale, physiologique, logique ou pharmaceutique, comme vous voudrez.

L’Angoisse qui fait les fous.

L’Angoisse qui fait les suicidés.

L’Angoisse qui fait les damnés.

L’Angoisse que la médecine ne connaît pas.

L’Angoisse que votre docteur n’entend pas.

L’Angoisse qui lèse la vie.

L’Angoisse qui pince la corde ombilicale de la vie.

Par votre loi inique vous mettez entre les mains de gens en qui je n’ai aucune espèce de confiance, cons en médecine, pharmaciens en fumier, juges en mal-façon, docteurs, sages-femmes, inspecteurs-doctoraux, le droit le disposer de mon angoisse, d’une angoisse ne moi aussi fine que les aiguilles de toutes les boussoles de l’enfer.

Tremblements du corps ou de l’âme, il n’existe pas de sismographe humain qui permette à qui me r’egarde d’arriver à une évaluation de ma douleur précise, de celle, foudroyante, de mon esprit !

Toute la science hasardeuse des hommes n’est pas supérieure à la connaissance immédiate que je puis avoir de mon être. Je suis seul juge de ce qui est en moi.

Rentrez dans vos greniers, médicales punaises, et toi aussi, Monsieur le Legislateur Moutonnier, ce n’est pas par amour des hommes que tu délires, c’est par tradition d’imbécillité. Ton igorance de ce que c’est un homme n’a ’égale que ta sottise à la limiter.

Je te souhaite que ta loi retombe sur ton père, ta mère, ta femme, tes enfants, et toute ta postérité.

Et maintenant avale ta loi.

 

 

in L’ombilic des Limbes (1925). NRF, Poésie/Gallimard, 1993 pp. 68-72

Écrire contre Soi

 

Pour mon Alter-Ami, William
Pour notre Amitié féconde

J’ai toute ma santé malgré le fracas… Je sens le vide à une heure dépassée, détruite, chaque seconde millimétrée et puis je retourne ma veste j’embrasse une femme, avez-vous eu le temps de me parler ??? Avez-vous eu le temps instantané votre café est servi, l’avion rate son suicide et je lui envie cette possibilité.

Je m’appelle Antonin Artaud.

Jacques Vaché

Jacques Rigaut

Drieu la Rochelle

Arthur Rimbaud évidemment

Ce sale con est de ma race

Celle du supplice de Lautréamont

Cet infréquenté est de ma race

Mon appellation est celle qu’on donne à l’argent, le nom qu’on ne prête qu’aux riches, le nom du dernier repas, la Cène inachevée

Ni Dieu, ni Bach, ni Nietzsche

Je m’y prends mal avec la bouffonnerie du monde

J’aimerais te serrer fort contre moi une fois deux fois un millier de fois

Te retrouver encore et toujours au même endroit

Croiser et quadriller nos différents états

Tous les jours rater sa vocation.

Tous les jours possédé

Par le fatum frôlant le précipice

L’inéluctable chemin

Nous sommes voulus disaient les païens, n’est-ce-pas sage Lucien ?

Personne sinon les cordes vocales de la Mort.

Tomber si vite dans le désordre de la Nuit.

 

 

Guillaume HOOGVELD 2010© Re-post #2012, pour texte et autoportrait.

CIORAN Liberté, bonheur, espace

Aucune volupté ne surpasse celle qu’on éprouve à l’idée qu’on aurait pu se maintenir dans un état de pure pos­sibilité. Liberté, bonheur, espace — ces termes définissent la condition antérieure à la malchance de naître. La mort est un fléau quelconque ; le vrai fléau n’est pas devant nous mais derrière. Nous avons tout perdu en naissant. Mieux encore que dans le malaise et l’accablement, c’est dans des instants d’une insoutenable plénitude que nous comprenons la catastrophe de la naissance. Nos pensées se reportent alors vers ce monde où rien ne dai­gnait s’actualiser, affecter une forme, choir dans un nom, et où, toute détermination abolie, il était aisé d’accéder à une extase anonyme.

Nous retrouvons cette expérience extatique lorsque, à la faveur de quelque état extrême, nous liquidons notre identité et brisons nos limites. Du coup, le temps qui nous précède, le temps d’avant le temps, nous appar­tient en propre, et nous rejoignons, non pas notre figure, qui n’est rien, mais cette virtualité bienheureuse où nous résistions à l’infâme tentation de nous incarner.

Beau comme Baudelaire


« J’ai trouvé la définition du Beau, – de mon Beau – . C’est quelque chose d’ardent et de triste, quelque chose d’un peu vague, laissant carrière à la conjecture. Je vais, si l’on veut, appliquer mes idées à un objet sensible, à l’objet, par exemple, le plus intéressant dans la société, à un visage de femme. Une tête séduisante et belle, une tête de femme, veux-je dire, c’est une tête qui fait rêver à la fois, – mais d’une manière confuse, – de volupté et de tristesse ; qui comporte une idée de mélancolie, de lassitude, même de satiété, – soit une idée contraire, c’est-à-dire une ardeur, un désir de vivre, associé avec une amertume refluante, comme venant de privation ou de désespérance. Le mystère, le regret sont aussi des caractères du Beau. »

Baudelaire, après s’être livré à l’ opium…

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