Dispositions heureuses

IPHONE YO 2011 281 copie sepia

Pour NAT DCK. Pour ses ouvertures vers les possibles…

Appelle-moi très vite

Appelle-moi avant que cela ne devienne tranchant

Appelle ton poète absorbé par l’abysse

Par l’ivresse des profondeurs 100 mètres plus bas

plus rien à voir

Même la lune est noire

Et je crains de ne plus pouvoir  remonter

J’ai lâché tous mes ballasts pour un courant d’oxygène

Je ne demandais qu’à être nommé                     qu’à être reconnu

D’être Esprit aux cœur des Hommes De leur donner les clefs ensevelies

Et que seuls ils ne trouveraient pas.

Je suis le messie je transforme la terreur en dispositions heureuses

Et nous nous allégeons sans la peur de perdre pied

Sans la peur de la faim

Nous avons enfin quelqu’un à qui parler

Quelqu’un sachant panser nos temps morts.

©Guillaume HOOGVELD #2015 pour le texte

©Yoric Saillard #2015 pour l’image

 

Proust / L’œuvre mise à nue

proust

« Que celui qui pourrait écrire un tel livre serait heureux, pensais-je, quel labeur devant lui ! Pour en donner une idée, c’est aux arts les plus élevés et les plus différents qu’il faudrait emprunter des comparaisons ; car cet écrivain, qui d’ailleurs pour chaque caractère en ferait apparaître les faces opposées, pour montrer son volume, devrait préparer son livre minutieusement, avec de perpétuels regroupements de forces, comme une offensive, le supporter comme une fatigue, l’accepter comme une règle, le construire comme une église, le suivre comme un régime, le vaincre comme un obstacle, le conquérir comme une amitié, le suralimenter comme un enfant, le créer comme un monde sans laisser de côté ces mystères qui n’ont probablement leur explication que dans d’autres mondes et dont le pressentiment est ce qui nous émeut le plus dans la vie et dans l’art. Et dans ces grands livres-là, il y a des parties qui n’ont eu le temps que d’être esquissées et qui ne seront sans doute jamais finies, à cause de l’ampleur même du plan de l’architecte. Combien de grandes cathédrales restent inachevées ! »

Marcel Proust, Le Temps retrouvé.

Projection

Je n’irai plus rêver au fond des palais

Et pourtant larmes à l’oeil 

Il suffira d’une ignition d’une itération 

Parcelle d’étincelle 

J’ai compris que rien n’aura lieu 

Encore sous la disparition des points 

Par le soleil

Sous la disparition des points 

Alors que rien ne veille

Je ne vois rien au delà au devant de moi

Je n’ai plus que mes mots à proposer aux autres 

C’est déjà tout un Monde.

Baudelaire et le miracle des Lumières

 

« Le progrès aura si bien atrophié en nous toute la partie spirituelle, la mécanique nous aura si bien américanisés que rien, parmi les rêveries sanguinaires, sacrilèges ou antinaturelles des utopistes, ne pourra être comparé à ses résultats positifs. Je demande à tout homme qui pense de me montrer ce qui subsiste de la vie. De la religion, je crois inutile d’en parler et d’en chercher les restes, puisque se donner la peine de nier Dieu est le seul scandale, en pareilles matières. […] Alors, le fils fuira la famille, non pas à dix-huit ans, mais à douze, émancipé par sa précocité gloutonne ; il la fuira, non pas pour chercher des aventures héroïques, non pas pour délivrer une beauté prisonnière dans une tour, non pas pour immortaliser un galetas par de sublimes pensées, mais pour fonder un commerce, pour s’enrichir, et pour faire concurrence à son infâme papa, fondateur et actionnaire d’un journal qui répandra les lumières et qui ferait considérer le Siècle d’alors comme un suppôt de la superstition. »

Baudelaire in « Fusées »

Photo de Cyneye© Marche pour le climat@2019

Minuit-fracas

LAETITIA Eve 151114

Minuit avant que tu ne sois ravie.

Minuit avant que tu sois empruntée.

Minuit avant que règnent chapeaux et couronnes

Minuit avant que tombe le ciel plus haut que terre que

Tombent les hauts de cœur plus profonds que ta profondeur

Seule et tes bas aussi hauts que l’ivresse

Fine bruine que gifle les échos des pins plus

Loin qu’une fréquence sous perfusion de violence puis

Ça me lance ça pourrait me lancer j’inverse les bulles à savon

Parfum d’imagination et d’espérance celle qu’on attendait plus c’est toi qui

Ne méritait pourtant pas à pas tout à fait cela

Se remettre à vibrer

Dis-le-moi

Dis-le-moi

Touche-moi

Vole-moi

Et reviens un jour simple et touchant

D’un naturel tel que rien ne puisse

Dissimuler entre nous

La valeur du Temps.

 

L.R.151114.Nantes.
©Guillaume HOOGVELD @2013 pour le texte
©Guillaume HOOGVELD @2015 Droits photographiques

portail de poètes anonymes associés | webmaster BILL ASHTRAY 2026 ©.

Retour en haut ↑