Enfants & Figurants
A la Mémoire de Marcel Proust
La Vérité sort toujours des mécréants, qui hantent leurs peines, restés accrochés dans le seul viatique qui nous a fait longtemps signe.
Nous ne pouvons plus nous accomplir comme des enfants. Assis sur nous mêmes, seulement figurants, nous réfléchissons la mémoire, qui devant nous, s’accomplit encore
Et nous seconde.
Bill ASHTRAY 2012©
Gaston Miron / Je t’écris
Guillaume HOOGVELD Droits réservés©
Je t’écris pour te dire que je t’aime
que mon coeur qui voyage tous les jours
— le coeur parti dans la dernière neige
le coeur parti dans les yeux qui passent
le coeur parti dans les ciels d’hypnose —
revient le soir comme une bête atteinte
Qu’es-tu devenue toi comme hier
moi j’ai noir éclaté dans la tête
j’ai froid dans la main
j’ai l’ennui comme un disque rengaine
j’ai peur d’aller seul de disparaître demain
sans ta vague à mon corps
sans ta voix de mousse humide
c’est ma vie que j’ai mal et ton absence
Le temps saigne
quand donc aurai-je de tes nouvelles
je t’écris pour te dire que je t’aime
que tout finira dans tes bras amarré
que je t’attends dans la saison de nous deux
qu’un jour mon coeur s’est perdu dans sa peine
que sans toi il ne reviendra plus
Quand nous serons couchés côte à côte
dans la crevasse du temps limoneux
nous reviendrons de nuit parler dans les herbes
au moment que grandit le point d’aube
dans les yeux des bêtes découpées dans la brume
tandis que le printemps liseronne aux fenêtres
Pour ce rendez-vous de notre fin du monde
c’est avec toi que je veux chanter
sur le seuil des mémoires des morts d’aujourd’hui
eux qui respirent pour nous
les espaces oubliés
Cet Absent qui fait défaut
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Guillaume HOOGVELD Droits réservés©
Je perds le sens inné d’être soi-même
Semblant d’y croire
Semblant d’y être
A jamais exaucé indéfini inachevé
A jamais prononcé par un corps qui me dévore
A jamais Jadis l’autre extrême de moi-même
Traquant le lien dans l’indifférence
Mon début et ma fin
Un voyage dans les lieux du temps
Où j’ai failli par essence
Menti par absence
Oui
Guillaume HOOGVELD 2012©
Duras / L’absence et le dépeuplement de l’écrivain
Magnifique confession de Duras en 1980 sur le « dépeuplement » de l’écrivain.
« On est personne dans la vie vécue, on est quelqu’un dans les livres. Et plus on est quelqu’un dans les livres, moins on est quelqu’un dans la vie vécue. (…). On ne peut pas faire l’économie de cela.(…).
