Aphorismes mobiles 2019/ 2020/ 2021/ Guillaume HOOGVELD / Inédits

 

APHORISMES 030319

 

Le réel est une religion au même titre que l’imaginaire sans sa portée tragique.

Le Désespoir et la Critique sont les deux feux qui savent nuire au spectacle.

Tout à été dit pour le reste.

Fréquenter un marxiste de première classe est un lapsus mais l »inertie de cette nuisance en terme de révélation se distinguent par sa familiarité avec la Critique et le Désespoir.

On pourra également rire, mais à la manière d’un Cynique grec défroqué de tout, déjà de la propre idée qu’il se fait du soleil et des premiers fonctionnaires qui avaient déjà tous les bagages de la nuisance.

Guillaume Hoogveld 270720

La lutte des classes est contrairement à la fétichisation des objets une infirmité intellectuelle de Marx.

Un pauvre est un raté qui n’ a eu de cesse de vouloir être riche sans y parvenir et qui a besoin d’aller au piquet de grève en bon idiot utile pour le bonheur de la sûreté de l’état, bourgeois toujours bourgeois, quelque soit le type de régime qui prévaut et sa géographie.

Le lumpenprolétaire a un gros problème il n’a pas de conscience politique et de stratégie ; il est grégaire, s’abrutissant a l’alcool pour supporter sa condition dont il reste encore plus tributaire avec l’obtention dune cyrrose partagée

Approximativement j’ai raison sur toute la ligne

Les deux faces d’une pièce sont des jumelles.  Elles ne sont qu’usure par tous les temps. Elles ne sont acceptées et utilisées par la violence d’un boomerang bien aiguisé.

 

À Jean Genet

Après le bricolage  de la femme, l’acte II de la genèse fut l’invention du grand banditisme.

Il s’agissait de donner aux improductifs caractérisés,  poètes ou moins lettrés les moyens d’avoir une place dans ce bas-monde, même sous l’égide de moyens critiquables au regard de la société bourgeoise.

Ma situation inspire une envie furieuse de vivre et expire une empreinte écologique toxique. Du Co2 condensé en boite à sardine.

Il.n y a rien à faire refaire sa vie c’est la répéter mille et une fois

Si il ne s’est rien passé c’est qu’il n’ avait plus de lieux ni dispositions pour que cela se produise, ni de poètes sur la place publique pour y procéder.

Il n’ y a avait que des fossoyeurs de l’administration qui autofécondaient leurs monstres et leurs trop plein d’enveloppes de cash.

L’administration est spécialisée dans la transformation du rien en place il fallut donc lui trouver une hôtellerie de poids pour lui donner du cœur a l’ouvrage.

Je cherche le poison qui soit le plus soluble dans l’eau le plus près de mes habitudes.

On trouve ça au Pakistan ou en haute altitude.

 

Désolé je suis plus occupé à comparaître qu’à apparaitre

On a le droit de perdre une bataille, point de se laisser surprendre, autant de choses de loin sans voir ce qui m’entoure, ce qui est source de déstabilisation

 

Je n’ai pas besoin de regarder dans le miroir pour avoir honte de l’autre

Je n’accepte pas de céder au temps qui passe le temps passé

Je paie la fin des temps comptant mais avec Ponzi. Le reste n’est que liquidités sommaires dans le vent.

Je ne vis que les effets secondaires de la vie

Un pixel mort qui fait tâche sur un écran de mobilier urbain et me voilà proche d’une phobie contemporaine

Je suis sujet d’avant-garde et non objet de fin du monde.

Je voudrais avoir la vie devant moi pour parler à celui qui a la vie derrière…

C’est  a se demander sur qui s’appuyer quand on ne peut plus tenir sur sa propre foi sur son propre soi. Je me sens  envahi par une Loi qui jamais ne me proroge et fait de moi un coupable idéal rêvée par toutes les formes de générations de fonctionnaires a la Tchekhov ou même « le spécialiste administratif » Eichmann. Je suis formellement désigné comme un patient sous haute sensibilité….

.La loi c’est déjà sur quoi on ne peut ironiser. Seuls ceux qui la produise la comprenne du bout de leur longs couloirs  aux long et minces chefs de cabinets dans des dédales où l’on fabrique de la démocratie et de la neuropathie ne sachant plus convoquer les idéaux du peuple et les adopter comme il se devrait.

Sous le forme d’une étoile j’aimerais voir venir une loi fraternelle pour un homme qui n’a cessé d’encourager le langage, de l’inviter a la table des formes les plus généreuses  qu’il m’a été possible de faire

‘Un salaud c’est quelqu’un qui agit comme si toutes ses actions étaient justifiables’ disait Dagerman.

La Poésie est une insurrection. Elle se prolonge bien au-delà du verbe et rend l’espace présent habitable.

Vertige chaos jusque dans ton cœur. Je m’en vais millionnaire parmi les poètes trouver les causes perdues pour les rendre à leurs origines.

C’est la fin du cinquième règne

Je m’appelle quelque part et j’habite personne en voulant tout sauf par hasard retrouver la vie qui chantonne

« La marge c’est ce qui tient la page »
Godard

Une goutte d’émotion dans de l’eau distillée et tu obtiens…De la mort aux rats.

Extinction du poème de la lutte.

Le jour est arrivé où la littérature poétique va être placée sous contrôle judiciaire, ses intervenants n’ayant plus la force de résister au mépris continuel exposé au langage. Un peuple qui perd sa force poétique par l’indifférence n’est plus digne d’avoir ni destin ni avenir. Aragon et Reverdy resterons affaire privée.

La Poésie était l’affaire de peu pour le plus grand monde. C’est désormais le plus grand monde qui a décliné le don de ce peu.

La poésie tisse des ponts avec le désert.

 

Le désespoir c’est ce qui est mis en cause par le sujet

Le bonheur c’est l’objet demis de ses fonctions

Devenir adulte est un délit de sale gueule.

Do you walk the talk ?

J’ai perdu l’age de raison

Et celui d’avoir raison

Et que valent les lettres

Dans un temps qui vaque à son vacuum

Autant en emporte les mots

Autant dire que les mots ne sauveront pas l’auteur de sa peur

La PEUR, insondable et polymorphe…

La peur panique

Le son de la panique

Celui du krach de 1929

Ou celui du premier Nuremberg

Le jour où Dieu a quitté la salle

Et nous a offert un petit caporal

Comme tête païenne

Je traverse tous les jours la peur

Vous croyez que ça me fait plaisir

Vous appelez ça désir

L’idée même d’être resté seul sur le quai m’est passé par la tête

Je suis replié comme un embryon comme Robert Smith dans Pornography

Le regard vers le bas

Je fais ce que je peux

Comme le corps peut entendre l’âme

Et ajuster son poids dans la balance

Quand tous les indicateurs sont au fer rouge

Et que la réalité brûle sans objection

Sans même un contrat de mariage entre nos mains calleuses nous autres d’avoir été poètes ou rêveurs sans adhérer au ministère de la culture

La culture c’est une science sans conscience dont tout le monde se réclame sans en payer le prix

Paul Celan

Cesare Pavese

Ernest Hemingway

Stefan Zweig et Romain Gary

Le savaient

Il n’ont pas attendu le premier Golgotha pour se laisser dérober la tête mais point le cœur

 

Tout ce que j’ai réussi de mieux les autres ne l’ont pas compris

J’ai parlé une langue imagée et fantasque pour donner du relief à mon battement d’aile

Moi qui croyait à 20 ans faire fortune par l’erreur

Qui croyait que le talent avait un coût mais également un prix

Que jamais je n’ai pu lire de mes yeux

Le sang de l’homme c’est la sève de l’animal

Ravagé par le réel

Halluciné par la réalité

Voilà mon tableau des faits.

La terreur qui fracasse le poète c’est d’avoir décidé avec ou sans contrainte  -débat éternel-, que le monde étant trop imparfait à ses yeux, il prend la décision seul, de le reconsidérer, de le transformer avec son langage, avec son lexique et ses codes. Une folie qui fait prendre des coups sans en donner…

©Guillaume HOOGVELD, texte et photo argentique, tri X 400, Tuileries 1997

EXTRAIT SUR EXPÉRIENCES NDE DU PÈRE LIBRE FRANÇOIS BRUNE

 

 

 

Ilarie Voronca / Beauté de ce monde

 

à Léon-Paul Fargue

Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.
Les pleurs peuvent inonder toute la vision. La souffrance
peut enfoncer ses griffes dans ma gorge. Le regret,
l’amertume, peuvent élever leurs murailles de cendre,
la lâcheté, la haine, peuvent étendre leur nuit,
Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Nulle défaite ne m’a été épargnée. J’ai connu
le goût amer de la séparation. Et l’oubli de l’ami
et les veilles auprès du mourant. Et le retour
vide, du cimetière. Et le terrible regard de l’épouse
abandonnée. Et l’âme enténébrée de l’étranger,
mais rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Ah ! On voulait me mettre à l’épreuve, détourner
mes yeux d’ici-bas. On se demandait : « Résistera-t-il ? »
Ce qui m’était cher m’était arraché. Et des voiles
sombres, recouvraient les jardins à mon approche
la femme aimée tournait de loin sa face aveugle
mais rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Je savais qu’en dessous il y avait des contours tendres,
la charrue dans le champ comme un soleil levant,
félicité, rivière glacée, qui au printemps
s’éveille et les voix chantent dans le marbre
en haut des promontoires flotte le pavillon du vent
Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Allons ! Il faut tenir bon. Car on veut nous tromper,
si l’on se donne au désarroi on est perdu.
Chaque tristesse est là pour couvrir un miracle.

Un rideau que l’on baisse sur le jour éclatant,
rappelle-toi les douces rencontres, les serments,
car rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Il faudra jeter bas le masque de la douleur,
et annoncer le temps de l’homme, la bonté,
et les contrées du rire et la quiétude.
Joyeux, nous marcherons vers la dernière épreuve
le front dans la clarté, libation de l’espoir,
rien n’obscurcira la beauté de ce monde.


Crédits photo ©ALFRED HOOGVELD #1997 POUR ©POÈTES ANONYMES ASSOCIÉS

Rase mon bitume

©GUILLAUME HOOGVELD 199X BOIS COLOMBES RAIL DE JOUR

La vie nous pousse à liquider le sens au profit du semblable
Au profit du vacarme
Et du triangle vert amer
Posé sur un même billet vert
Qui justifie sa valeur à coup de surin sur les peuples 

Il n’y a donc que les taiseurs qui se distinguent par des équations de la peur parfaitement ajustées et préparées

Ceux qui pensent marchent la tête au sol rasant les murs perdant leurs intimes boussoles

Vous
Avez
Perdu
Le
Droit
De
Me
Juger

Je ceinture de plastique poétique
Ma taille de TNT psychédélique
N’aie pas peur petiote
Il est temps de rendre au réel
Le peu qui lui incombe
De démonter la sacro sainte pensée
Qui nous fait riches ou pauvres calmes ou intranquilles capitale ou sous-préfecture
La pensée fait ce qu’elle veut de nous
Elle connaît son territoire de nuisance
Au delà des familiarités
Quand je me mets à penser c’est toujours le chaos une exploration du chaos intime
Poètes retrouvez vos papiers car c’est la pensée qui vous détermine
Et des noms affublés aux fleurs
Ces mots les plus impossibles
À prononcer par cœur

Ciao Chaos Câlin CCC…


©Guillaume HOOGVELD ©2018 pour le texte et la photographie, 199X©

Guillaume HOOGVELD / Scène de crime textuelle. Version bêta.

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Crédits photo ©Guillaume HOOGVELD #2020 POUR ©POÈTES ANONYMES ASSOCIÉS
Presses spéciales NAGOYA BROTHER Transfert numérique par Vincent Sask.

MICHEL HOUELLEBECQ in « Les Particules élémentaires », Paris, Flammarion, 1998

« Il est difficile d’imaginer plus con, plus agressif, plus insupportable et plus haineux qu’un pré-adolescent, spécialement lorsqu’il est réuni avec d’autres garçons de son âge. Le pré-adolescent est un monstre doublé d’un imbécile, son conformisme est presque incroyable ; le pré-adolescent semble la cristallisation subite, maléfique (et imprévisible si l’on considère l’enfant) de ce qu’il y a de pire en l’homme. Comment, dès lors, douter que la sexualité ne soit une force absolument mauvaise ? Et comment les gens supportent-ils de vivre sous le même toit qu’un pré-adolescent ? Ma thèse est qu’ils y parviennent uniquement parce que leur vie est absolument vide ; pourtant ma vie est vide aussi, et je n’y suis pas parvenu. De toute façon tout le monde ment, et tout le monde ment de manière grotesque. On est divorcés, niais on reste bons amis. On reçoit son fils un week-end sur deux ; c’est de la saloperie. C’est une entière et complète saloperie. En réalité jamais les hommes ne se sont intéressés à leurs enfants, jamais ils n’ont éprouvé d’amour pour eux, et plus généralement les hommes sont incapables d’éprouver de l’amour, c’est un sentiment qui leur est totalement étranger. Ce qu’ils connaissent c’est le désir, le désir sexuel à l’état brut et la compétition entre mâles ; et puis, beaucoup plus tard, dans le cadre du mariage, ils pouvaient autrefois en arriver à éprouver une certaine reconnaissance pour leur compagne – quand elle leur avait donné des enfants, qu’elle tenait bien leur ménage, qu’elle se montrait bonne cuisinière et bonne amante ; ils éprouvaient alors du plaisir à coucher dans le même lit. Ce n’était peut-être pas ce que les femmes désiraient, il y avait peut-être un malentendu, mais c’était un sentiment qui pouvait être très fort – et même s’ils éprouvaient une excitation d’ailleurs décroissante à se taper un petit cul de temps à autre ils ne pouvaient littéralement plus vivre sans leur femme, quand par malheur elle disparaissait ils se mettaient à boire et décédaient rapidement, en général en quelques mois. Les enfants, quant à eux, étaient la transmission d’un état, de règles et d’un patrimoine. C’était bien entendu le cas dans les couches féodales, mais aussi chez les commerçants, les paysans, les artisans, dans toutes les classes de la société en fait.

Aujourd’hui, tout cela n’existe plus : je suis salarié, je suis locataire, je n’ai rien à transmettre à mon fils. Je n’ai aucun métier à lui apprendre, je ne sais même pas ce qu’il pourra faire plus tard ; les règles que j’ai connues ne seront de toute façon plus valables pour lui, il vivra dans un autre univers. Accepter l’idéologie du changement continuel c’est accepter que la vie d’un homme soit strictement réduite à son existence individuelle, et que les générations passées et futures n’aient plus aucune importance à ses yeux. C’est ainsi que nous vivons, et avoir un enfant, aujourd’hui, n’a plus aucun sens pour un homme. Le cas des femmes est différent, car elles continuent à éprouver le besoin d’avoir un être à aimer – ce qui n’est pas, ce qui n’a jamais été le cas des hommes. Il est faux de prétendre que les hommes ont eux aussi besoin de pouponner, de jouer avec leurs enfants, de leur faire des câlins. On a beau le répéter depuis des années, ça reste faux. Une fois qu’on a divorcé, que le cadre familial a été brisé, les relations avec ses enfants perdent tout sens. L’enfant c’est le piège qui s’est refermé, c’est l’ennemi qu’on va devoir continuer à entretenir, et qui va vous survivre. »

©MICHEL HOUELLEBECQ in « Les Particules élémentaires », Paris, Flammarion, 1998, P209

©Guillaume HOOGVELD ©2018 pour la photographie

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