In memoriam David Bowie 1947 – 2016

bowie-blackstar-viceLazare

Mon premier cri sur la surface
Disparaît
Dans le siphon
Je vais m’effacer
Page blanche
Tache noire
Black tie
White noise
Tache noire
Près du buvard
Jusque dans le placard
Que plus personne ne peut voir

Où en est ma réflexion
Atomisée jusqu’à la raison
J’écrirai
Je composerai
Jusqu’à perdre l’équilibre
Jusqu’à perdre mon rapport au sensible

Où en est mon regard
Où est la cible adorée
Suis – je encore une star

Les liens se resserrent
Comme des fils dans ma chair
Il reste une dernière note
Pour mordre la poussière
Une dernière larme versée
Lazare
Prolongée épuisée
Pour nous perpétuer
Au delà de cette histoire
Entre destin et hasard.

©Guillaume HOOGVELD @2016 pour le texte

Métamorphose

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« Nietzsche » par Musial

Je suis passé
Mon dieu (encore lui)
Par toutes les natures
Et toutes les fibres
Du sujet à l’objet
Passé
Pour savoir qui je suis
Et pourquoi point je n’agis

Statufié J’ordonne un vacarme
À même mes pas
Entre les ébauches des passants
Qui jamais ne me voient
Qui jamais ne me nomment
De la pierre à la première personne
C’est en moi que la tempête frissonne
C’est en moi que l’ univers carillonne

Il est temps de passer à l’heure d’été
Temps de mettre à jour ses obscurités
On n’est jamais atteint que par la Beauté
Un syndrome de Stendhal qui vient se fracasser sur le remblai
Une esquisse un portrait la marée

Je suis rattrapé

 

 

©Guillaume HOOGVELD @2015 pour le texte

Jean-Marc MUSIAL, Un dessin par nuit© pour l’image

 

Ma métempsychose / Enfin.

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À Jacques Rigaut. Le Dandy total. Définitivement.

Même les plus beaux souvenirs se métamorphosent en regrets,

J’ai beau avoir des yeux
Je ne vois plus rien devant
Temps de changer d’optique
Je lisais ça dans une vieille maison
Je me disais ça en ayant raison
Raison de tous
Raison de vous
Raison d’avoir tort
Raison de m’être trompé
La victime avait un gilet par balle
Qui la contenait dans sa saleté
Dans ses mensonges
En voyant filer d’abord puis fuir
Le paysage de ma lucarne
Je croisais des cités aux peuples raisonnables
Ils éteignaient les feux avant minuit
Alors que je revenais à la vie
J’étais un soleil durable
Promis à toutes les mises en scène
Toutes conçues pour se perpétuer
Avoir les yeux fermés
Jusqu’à la fin des sécurités.

 

©Guillaume HOOGVELD@2015 pour le texte

Brecht / Mutter Courage, 1940

into the labyrinth dcd

 

From the play « Mother Courage » (Mutter Courage)

You saw sagacious Solomon
You know what came of him,
To him complexities seemed plain.
He cursed the hour that gave birth to him
And saw that everything was vain.
How great and wise was Solomon.
The world however did not wait
But soon observed what followed on.
It’s wisdom that had brought him to this state.
How fortunate the man with none.

You saw courageous Caesar next
You know what he became.
They deified him in his life
Then had him murdered just the same.
And as they raised the fatal knife
How loud he cried: you too my son!
The world however did not wait
But soon observed what followed on.
It’s courage that had brought him to that state.
How fortunate the man with none.

You heard of honest Socrates
The man who never lied:
They weren’t so grateful as you’d think
Instead the rulers fixed to have him tried
And handed him the poisoned drink.
How honest was the people’s noble son.
The world however did not wait
But soon observed what followed on.
It’s honesty that brought him to that state.
How fortunate the man with none.

Here you can see respectable folk
Keeping to God’s own laws.
So far he hasn’t taken heed.
You who sit safe and warm indoors
Help to relieve our bitter need.
How virtuously we had begun.
The world however did not wait
But soon observed what followed on.
It’s fear of god that brought us to that state.
How fortunate the man with none.

 

BRECHT FOUNDATION Droits réservés©

Dispositions heureuses

IPHONE YO 2011 281 copie sepia

Pour NAT DCK. Pour ses ouvertures vers les possibles…

Appelle-moi très vite

Appelle-moi avant que cela ne devienne tranchant

Appelle ton poète absorbé par l’abysse

Par l’ivresse des profondeurs 100 mètres plus bas

plus rien à voir

Même la lune est noire

Et je crains de ne plus pouvoir  remonter

J’ai lâché tous mes ballasts pour un courant d’oxygène

Je ne demandais qu’à être nommé                     qu’à être reconnu

D’être Esprit aux cœur des Hommes De leur donner les clefs ensevelies

Et que seuls ils ne trouveraient pas.

Je suis le messie je transforme la terreur en dispositions heureuses

Et nous nous allégeons sans la peur de perdre pied

Sans la peur de la faim

Nous avons enfin quelqu’un à qui parler

Quelqu’un sachant panser nos temps morts.

©Guillaume HOOGVELD #2015 pour le texte

©Yoric Saillard #2015 pour l’image

 

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